27 mai 2008

Magdalaine la Bâtarde

Oui, le titre peut sembler bizarre à première vue (en tout cas c'est ce que je me suis dit quand mon Zamoureux m'a offert ce livre de Roberta Gellis). Mais le livre n'est pas mal. L'histoire ? un homme est assassiné près de Londres en 1139. Cet assassinat s'est dérou51N4W1MGGJL._SL500_AA240_.jpglé si près d'une maison close de luxe que la gérante (Magdalaine) a peur d'être accusée (les prostituées font partie des meilleurs boucs émissaires...). Elle va donc participer à l'enquête.

Pourqoi n'ai-je pas dit que ce livre était parfait ? Le livre est compliqué par le contexte : la prostituée loue sa maison à un évêque en conflit avec un autre et qui attend une bulle papale pour devenir légat afin de régler le problème. La victime est comme par hasard le messager papal. En même temps, le roi d'Angleterre, un certain Etienne, doit être confirmé comme roi parce qu'il a évincé l'héritière légitime (pour plus de rensignement, voir ici).... Enfin tout ce contexte complique un peu toute l'histoire, surtout quand il tombe dès le début du livre et qu'on ne connaît pas encore très bien les personnages.

Mais autrement on assiste à des moments savoureux : par exemple quand un moine veut interroger une des prostituée seul. Ou lorsqu'il cherche tous les prétextes possibles pour accuser les prostituées... L'intrigue est complète et on ne découvre le meurtrier qu'à la fin.

 

10 18, collection "Grands détectives", 7,90 euros

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22 mai 2008

L'énigme du dragon tempête

51SABgRhlRL._SL500_AA240_.jpgEncore un livre offert par mon zamoureux, ce policier de la collection 10/18 écrit par I.J. Parker se situe dans le Japon du XIe siècle. Un jeune noble reçoit  la mission d'aller enquêter sur la disparition d'impôts dans une province du Japon. Il quitte pour la première fois la capitale et effectue sa première mission. Il est donc fier et heureux. Mais cette enquête qu'il s'apprêtait à résoudre en examinant uniquement les comptes du gouverneur s'avère bien plus complexe, dangereuse et sanglante que prévue.

Un livre qui se lit plutôt bien. Tout ne se découvre pas dès le début loin de là. L'auteur nous réserve même quelques surprises pour la toute fin du livre. Un livre assez dépaysant (la culture japonaise, je dois avouer que je ne connais pas trop....) mais qui aborde certains thèmes sans complexe : la condition de la femme, la cruauté de la cour japonaise, la corruption.... Il y deux suites dont je vous parlerai peut-être un jour...

 

10 18, collection "Grands détectives", 8,60 euros

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14 mai 2008

Le rêve de Caligula

51LxHPZfaTL._SL500_AA240_.jpg     Ecrit par Maria Grazia Siliato, une archéologue et historienne italienne, cette biographie "romantique" a été assez longue à lire (pour moi en tout cas). L'auteur prend ici le contre-pied des historiens "classiques" et décrit la vie d'un Caligula incompris des sénateurs avides de pouvoir, fasciné par l'Egypte et particulièrement populaire (surtout pour un empereur romain...).
    Le récit commence par son assassinat à l'âge de 29 ans. Ainsi le lecteur, s'il n'a pas de base historique, sait rapidement quelle sera la fin du récit. Mais ce même lecteur aura besoin de connaissances historiques assez poussées pour se rappeler le contexte de l'accession au pouvoir du jeune Caligula. On commence en effet par nous resituer les évènements familiaux du futur empereur qui font de sa famille une famille à éliminer, gênante parce que trop proche du pouvoir : on commence par le père Germanicus, général victorieux sur les fronts du Rhin, et beaucoup trop populaire auprès de ses troupes. Ensuite la mort du premier frère, trop impulsif et irraisonné. Ensuite la mort de la mère (petite-fille d'Auguste) qui avait un peu trop tendance à attirer la sympathie. Enfin, la mort du dernier frère, historien critique de Tibère. Voilà le portrait de la famille (et encore je vous passe les détails qui sont donnés sur les ascendants, par exemple sur Julie la fille d'Auguste, ou sur Marc-Antoine). Enfin, tout ça pour dire qu'il faut s'accrocher pour lire le début.
    La suite devient un peu plus intéressante puisque l'on comprend pourquoi et comment Caligula a été épargné dans cette purge. On suit alors son accession au pouvoir.
    Ensuite ça redevient moins intéressant (si je puis me permettre) : l'auteur tente d'expliquer toutes les actions de l'empereur, que ce soit construction architecturale ou loi ou procès. Le problème étant qu'elle ne se base pas sur grand chose... D'où tient-elle ses analyses des désirs de l'empereur ? (à ma connaissance Caligula n'a pas laissé de journal....)
    C'est là où l'on voit la limite de la biographie. Cependant, ce livre est bien classé en roman et pas en biographie historique.... Les éditeurs ne se sont pas trompés. L'écriture est également celle d'un roman. Mais un roman qui se cache parfois derrière des découvertes archéologiques pour étayer des conceptions de l'auteur, impossibles à justifier. Une oeuvre un peu trompeuse donc sur la forme et le fond. Et pas toujours intéressante à lire....
 

Editeur Jean-Claude Lattès, 21,50 euros

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03 mai 2008

Les cinq royaumes de Peter Tremayne

51G5GJ76PML._SL500_AA240_.jpgCe troisième tome d'une série policière publiée par 10 18 met encore une fois en scène Soeur Fidelma, mais cette fois dans son propre pays. Elle doit en effet enquêter sur la mort d'un érudit irlandais, dans un monastère, assassinat qui entraîne une responsabilité mettant en cause l'équilibre des cinq royaumes de l'Irlande au VIIe siècle.

Encore une fois une intrigue fouillée, faisant référence à la loi irlandaise de l'époque et à des écrits plus anciens encore. Dans ce tome les querelles religieuses sont effacées pour faire place à des intrigues politiques menant à des massacres et des machinations. Ce troisième volume présente un aspect plus brutal que les deux autres, l'auteur n'hésitant pas à créer des situations où la religieuse  est confrontée à la violence pure du massacre d'innocents. Toujours un bon moment de lecture.


Pour un commentaire du deuxième tome de la série "Le Suaire de l'Archevêque"  voir ici sur l'historicoblog de celui qui m'a fait découvrir cette collection.

 

10 18, collection "Grands détectives", 8,60 euros

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02 mai 2008

La joueuse de Go de Shan Sa

51Q1PFZ8RGL._SL160_AA115_.jpg1937, Mandchourie. L'armée japonaise a installé un gouvernement fantoche chinois en Mandchourie occupée. Les terroristes chinois imposent une présence armée des Japonais dans la région. Parmi les officiers, la volonté de conquérir la Chine est visible.

Dans une ville de la région, une collégienne de 16 ans traverse alors une période de trouble. Elle rencontre des étudiants, en tombe amoureuse et découvre que ce sont des résistants lorsque son amant se fait arrêter. En même temps, elle dispute une partie de go avec un officier japonais déguisé en Chinois, introduit sur la Place des Mille Vents (lieu où se joue le go) pour espionner et découvrir des terroristes. Ils ne se parlent pas, ne se connaissent pa, si ce n'est à travers leur jeu qui dévoile leur âme et leur amour naissant.

Un voyage dans un autre monde, une autre époque. L'auteur, chinoise, nous transmet une partie de ces cultures, de ces civilisations qui peuvent paraître si différentes et pourtant si proches sur certains points (la place de la femme dans la société, la vie d'une adolescente).

Egalement, pour moi en tout cas, un moment de découverte d'une histoire inconnue : celle de l'occupation de la Chine par le Japon avant la Seconde Guerre Mondiale. Même si le contexte n'est placé qu'en arrière-fond lointain, il incite à rechercher les évènements historiques. En effet, l'histoire nous est racontée à travers les yeux des deux personnages principaux : la jeune fille chinoise et l'officier japonais successivement. Nous avons donc les deux points de vue (quoique la jeune fille n'est pas spécialement une résistante). Le contexte, même s'il influe beaucoup sur le déroulement du récit, reste une donnée annexe... 

 

Gallimard, collection "Folio", 5,30 euros

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29 avril 2008

Sobibor de Jean Molla

417E521KX3L._SL500_AA240_.jpgEn commençant ce livre, on ne s'attend pas du tout à la fin.On s'imagine que l'auteur va déblatérer sur des traumatismes psychologiques qu'a subis une jeune fille quand elle était jeune (traumatisme tellement terrible qu'il pourrait être assimilé à l'enfer de Sobibor) et que c'est cela qui l'a rendue anorexique et boulimique.
Mais c'est différent de cela. Le titre de Sobibor pour le coup est bien "mérité". Eva, cette jeune fille, est en recherche d'un passé perdu, caché par ses grands-parents, passé qui la ramène au camp d'extermination de Sobibor. Mais pas du côté des Juifs. On se trouve du côté des bourreaux, des SS, d'un collaborationniste français et d'une travailleuse polonaise tous deux amoureux. Ce passé qu'Eva recherche et qu'elle trouve la ronge de l'intérieur, provoquant chez elle cette anorexie.

Une histoire assez remuante pour le lecteur sur la reconstruction du passé, sur la culpabilité des rouages d'un système, rouage ne se rendant même pas compte que lui aussi a du sang sur les mains, parce qu'il ne touche pas aux Juifs.  L'auteur indique dans sa post face qu'il voulait que l'on n'oublie pas le camp de Sobibor, camp nettoyé et dissimulé par les nazis après une évasion massive.

Un livre intéressant également par les nombreuses notes sur les personnages nazis et français impliqués dans la "Solution finale" ou dans la collaboration.

Un livre pour se souvenir. 

 

Gallimard Jeunesse, collection "Scripto", 9 euros

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