30 novembre 2009

Risque zéro

9782745929983FS.gifImaginez que vous vivez dans un pays où prendre le moindre risque est considéré comme un crime, où la plus petite injure est passible d'emprisonnement, où tout est capitonné et protégé afin d'éviter la moindre blessure. Bo vit dans ce monde, dans des Etats-Unis futuristes. Son père est en prison pour agressivité au volant, ainsi que son frère. Bo est lycéen. Il aimerait sortir avec Maddy, mais celle-ci semble lui préférer Karlhos, un bellâtre que Bo ne peut pas supporter... jusqu'au jour où Bo manque de lui casser la figure et risque la prison...

 

Un livre intéressant sur les dérives possibles de la phobie des dommages corporels, avec une évolution intéressante au niveau technologique (intelligence artificielle par exemple). Encore une fois, ce sont les Etats-Unis qui abritent ce genre de concepts un peu dégénéré.

 

Pete Hautman, l'auteur, introduit un certain nombre d'idées intéressantes sur l'univers carcéral, la transformation opérée chez un ancien détenu. Une seule idée me semble dangereuse à proposer à des ados dans ce livre : Bo considère que puisque son père est violent, l'adolescent a forcément récupéré les gênes de la violence chez lui. Il y a quelques années, il me semble, on évoquait l'idée d'un gêne de la pédophilie (je crois, non ?). C'est le même genre d'idées, un peu trop déterministe pour accepter une évolution... même si Bo finit par dire qu'il n'est pas comme son père...

 

15 novembre 2009

L'I.A. et son double

J'avais déjà lu des livres de Scott Westerfeld pour adolescents, mais là j'avais envie de changer et me suis donc lancée dans un livre de cet auteur apparemment davantage destiné aux adultes au vu de la collection. Et après lecture, oui c'est un livre pour adulte à coup sûr.

 

Westerfeld01.jpgLes programmes peuvent évoluer et apprendre au point de devenir des véritables personnes. Chéri est un de ces artificiels qui a appris au contact d'une adolescente, est devenu un individu, s'est doté d'un corps et de désirs. 200 ans ont passé depuis son accès à l'individu. Il est devenu une sorte d'agent artistique, à la recherche d'oeuvres originales. Un de ses artistes fétiches, Vaddum, est mort sept ans auparavant dans une explosion. Mais une oeuvre qui semble de Vaddum apparaît et présente des traces prouvant que l'oeuvre a été conçue après la mort de l'artiste...

En même temps, nous suivons Mira, une humaine, chargée de tuer par des "dieux". Ceux-ci ont découvert que quelqu'un a réussi à copier un artificiel, chose normalement impossible. A Mira d'enquêter et de tuer s'il le faut.

Ces deux personnages tellement différents vont bien sûr se rencontrer...

 

Un livre pour adultes, donc... Disons que la rencontre de Mira et Chéri ne se déroule pas sans étincelles... Les scènes érotiques sont nombreuses, violentes parfois, et en tout cas, décrites dans les moindres détails, les techniques utilisées par Chéri étant assez particulières.

L'histoire par elle-même est intéressante, posant un certain nombre de problèmes, autour de l'art, ou de la conscience. Les mondes décrits sont dépaysants, reliés entre eux par les voyages en navette. C'est en fait les capacités des programmes qui sont les plus étonnantes.

Mais bon, ce qui me rebute toujours un peu dans la science-fiction, ce sont les termes techniques...

Enfin, un bon livre quand même, mais que je ne recommanderai pas à mes élèves....

12 octobre 2009

Les fables de l'Humpur

Ca y est, j'ai enfin fini ce livre de Pierre Bordage (commencé le 3 octobre...), que j'ai pensé être de la Fantasy au départ. Mais non, c'est bien de la science fiction.

1122585_3062650.jpgLe résumé de l'éditeur :

"Dans le pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s'enfoncent inexorablement dans la régression animale.

Tous sont soumis par le clergé aux lois de l'Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre clans et les comportements individualistes

Parce qu'il ne supporte pas de voir la jeune Troïa livrée aux appétits collectifs des reproducteurs, Véhir brise les planches de l'enclos de fécondité et s'enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende... Lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice."

 

Pourquoi ai-je mis autant de temps ? D'abord, et c'est pour cela que j'ai pensé que ce livre était de la Fantasy, Pierre Bordage nous entraîne dans un monde étrange où les comportements animaux sont de règle même s'il reste des éléments de civilisation. Le langage existe mais est déformé et pas toujours aisé à comprendre. Si bien que j'ai recherché parfois tout ce qui pouvait se rattacher à notre monde.

L'histoire en elle-même est dense. On découvre petit à petit différentes races, différentes coutumes, différentes manières de vivre, qui permettent d'identifier des peuples divers. Mais leur origine n'est pas claire avant la fin.

 

Un roman que je trouve bien construit, mais qui manque peut-être un tout petit peu de rythme. De la science-fiction qui se cache et ne se laisse dévoiler qu'en toute fin de livre. Intéressant pour dérouter le lecteur...

22 juin 2009

Le maître des nuages

Sur Almoha, la pesanteur est triple de celle de la Terre... les hommes ne peuvent pas monter au quatrième étage d'un immeuble sans risquer un anévrisme. L'eau de pluie se transforme en petits cailloux meurtriers lorsqu'elle tombe, tandis que les nuages deviennent des massifs de calcaire, volant trop bas pour ne pas éviter les immeubles. La terre est une denrée rare : le sol est recouvert de boue, séchant au fil des saisons et mouvante.

Brussolo_maitre_des_nuages_edition_2007.jpgUne superbe planète sur laquelle passer des vacances, non ? C'est Serge Brussolo qui nous emmène sur Almoha, dans un nouveau cycle. Le monde d'Almoha est travaillé, pas autant que pour certains mondes fantastiques dont j'ai pu vous parler, mais quand même. Et surtout, il ne présente aucun paradis, aucune terre promise à laquelle les habitants pourraient se raccrocher... tout est mort et mortel...

Les héros sont deux jeunes gens et un homme plus âgé : Nath, Sigrid et Neb. Nath est parti de son village pour devenir chasseur du désert mais sans grand succés et est donc contraint à revenir à son point de départ. Neb est un harponneur, rencontré sur le chemin. Sigrid, une jeune fille mystérieuse, amie d'enfance de Nath.

Ce n'est pas une histoire à couper le souffle mais le suspens est présent. Néanmoins, la mise en place des protagonistes est presque plus longue que l'intrigue principale mettant en scène le "maître des nuages".

En tout cas, c'est encore une nouvelle collection qui commence et que je vais bien avoir du mal à suivre.

 

Rendez-vous mercredi pour "Grâce et dénuement" d'Alice Ferney.

21 avril 2009

Trouble peine

J'ai hésité à mettre ce livre d'Alain Loeb dans la catégorie science-fiction. Je viens juste de le finir et je dois avouer que j'en ressors quelque peu dubitative. Voici la présentation en 4e de couverture :

"Une unité de recherche chargée d'un travail sur la molécule de l'éternelle jeunesse découvre accidentellement une substance favorisant le vieillissement des cellules.
Ce hasard déclenche un complot qui va bouleverser la politique pénale du monde occidental : un député ambitieux envisage d'utiliser cette nouvelle molécule pour transformer les peines de prison en peines de vieillissement. Les imbrications de cette machination vont ébranler le gouvernement."

9782841471829FS.gifAprès une telle présentation, je m'attendais à être projetée directement dans le vif du sujet : les débuts de la mise en application de cette molécule et ses répercussions immédiates sur le monde. Mais l'histoire est en fait divisée en deux : nous suivons d'abord un narrateur, probablement Alain Loeb lui-même, qui nous raconte sa vie en tant que professeur affecté dans le milieu carcéral. Il nous raconte donc ses espoirs, ceux des détenus, l'abrutissement lié à l'emprisonnement, les problèmes entraînés donc par l'emprisonnement. La deuxième partie de l'histoire est constituée (en simultané) d'une enquête réalisée par deux policiers sur une mort suspecte dans un avion : le mort aurait vieilli d'un seul coup dans l'altitude.

Le lecteur suit donc ces deux récits en même temps, l'enquête est suffisamment intéressante pour maintenir l'intérêt, tout comme la découverte du milieu carcéral à travers les yeux d'Alain Loeb. En fait, ce qui  m'a gêné, c'est que la présentation de 4e de couverture nous raconte en réalité ce qui se passe à la fin du livre.

Cet ouvrage est surtout, je pense, pour Alain Loeb, un moyen d'évoquer les problèmes liés à l'emprisonnement des condamnés. A travers ce livre, il repose de nombreuses questions qui sous-tendent l'emprisonnement. Ainsi il avance l'idée que l'abolition de la peine de mort n'est absolument pas humain : la prison avilit les hommes, et lui semble pire que la mort immédiate. Dans un autre ordre d'idée, il rappelle que la peine de prison est avant tout conçue dans notre société comme une possibilité de réhabilitation, de nouvelle chance. Mais le résultat à la sortie de la prison n'est souvent pas celui attendu...

Un moyen donc de critiquer le milieu carcéral, mais sans proposer de solution plus adaptée, si ce n'est celle de la peine de vieillissement. Néanmoins, un bon livre sur la réalité des prisons (ni glauque, ni voyeur), qui pose de réelles questions, très intéressantes.


Rendez-vous mercredi pour "La Belle Maison" de Franz Bartelt.

06 avril 2009

Ceux qui sauront

Pierre Bordage nous invite dans un univers particulier. Imaginez : l'histoire de France telle que nous la connaissons, jusqu'en 1871 environ. Le gouvernement Gambetta se fait renverser par une contre-révolution qui installe la Deuxième Restauration. Nous arrivons en 2008, après plusieurs révoltes, de la répression, et le mépris du peuple, dans un royaume de France sans aucune liberté, et dont les progrès techniques et sociaux sont inexistants pour la plupart des Français.

Clara est une jeune fille issue de la haute bourgeoisie: elle est destinée à épouser un aristocrate de haut rang, désargenté. Elle a l'impression de passer d'une prison à une autre, jusqu'au jour où ses parents l'envoient dans sa future famille : après un accident de voiture lors du trajet, elle se retrouve kidnappée par un inconnu.

bordageceuxqui.jpgJean est lui issu du bas peuple. Il suit l'école clandestine la nuit pour apprendre à écrire et à lire. Et il commence à travailler comme saisonnier afin de contribuer à nourir sa famille (parents et soeurs). Il est attrapé par la police dans son école et envoyé dans un camp de redressement.  Sur le trajet, le camion qui le transporte et attaqué par des terroristes : Jean se retrouve dans le camp de terroristes, qui est ensuite attaqué par les gendarmes... Et c'est à ce moment que Clara et Jean se rencontrent, l'une s'échappant loin de son kidnappeur, l'autre fuyant les gendarmes.

Comme vous l'avez compris, l'histoire est plus que mouvementée : je ne vous en raconte ici que le début. C'est en fait le concept de base que je trouve le plus intéressant. Arrêter comme cela l'histoire pour imaginer ce qui aurait pu se passer, ici notamment sans l'école républicaine de Jules Ferry. Cela n'empêche pas Pierre Bordage d'intégrer les différentes innovations techniques : électricité, eau chaude, internet. Bien entendu ces progrès ne sont accessibles qu'aux hautes classes, et contrôlés par la censure. Il imagine également les évènements qui auraient pu se produire depuis 1871 : des marches de la faim, écrasées dans le sang, des gouvernements différents en fonction des rois, ainsi que l'évolution de la vie économique : par exemple, le travail est de plus en plus dur à trouver, parce que les entreprises partent dans les colonies. La capitale politique se situe à Versailles, Paris devenant une ville importante pour l'économie mais trop crainte à cause des émeutes de la fin.

Une autre idée intéressante est la confrontation entre les visions de l'histoire. Ainsi, Clara a appris que la Révolution de 1789 est un épisode effroyable de l'histoire française, à oublier à tout prix parce qu'il est le moment où l'on ose s'en prendre à la royauté. Elle ne connaît même pas la maxime "Liberté, égalité, fraternité". Jean, lui, a appris cette maxime et voit la Révolution comme un merveilleux épisode de l'histoire française, comme une référence.

Ce livre est également un moyen de remettre le savoir à l'honneur en tant que moyen d'élévation. C'est en effet le premier moyen de révolte offert aux pauvres : des instituteurs clandestins offrent au prix de leur vie (s'ils se font prendre) des cours à ceux qui le souhaitent. Peut-être une possibilité de rappeler à nos élèves démotivés la chance qu'ils ont de suivre une école gratuite.

Un bon livre pour ados qui suit bien les canons consacrés à ce genre : deux ados tombent amoureux et se révoltent contre une partie de la société. Il n'y a cependant pas de naïveté dans l'écriture de Pierre Bordage. Il ne nous épargne pour nous montrer ce que peut valoir l'engagement pour une cause. Il reste retenu : ce n'est pas du voyeurisme, ce n'est pas sanglant, néanmoins, il y a des conséquences à la clandestinité.

Encore une fois, un bon livre où l'on ne s'ennuie pas.

 

Rendez-vous mercredi avec "L'âge d'ange" d'Anne Percin.

08 janvier 2009

Des fleurs pour Algernon

Présentation de l'éditeur :

"Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie.

C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser.

Mais un jours les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner â l'état de bête..."

41CHKHYEBBL._SL500_AA240_.jpgDaniel Keyes nous présente ici une expérience très intéressante de science-fiction.Que se passerait-il avec la possibilité de devenir plus intelligent ? Mettrions-nous cette intelligence au service des autres, nous renfermerions-nous sur nous-mêmes ? Quelle réaction ? C'est en tout cas l'occasion pour Daniel Keyes de réfléchir à certaines composantes de l'être humain.

L'auteur développe notamment l'idée que nous sommes à la fois le fruit de notre passé et celui de notre avenir : Charlie, en devenant intelligent, se rappelle certains évènements de son enfance qui conditionnent son comportement actuel, notamment son amour pour Alice. Mais savoir qu'il risque bientôt de redescendre en dessous de tout le pousse également à agir. C'est assez évident et c'est le cas dans la plupart des situations de durée limitée.

Le cas de Charlie nous pousse également à réfléchir à la manière dont nous traitons les handicapés mentaux. Charlie est devenu un génie mais il connaît son passé, la manière dont on se moquait de lui, ou dont on l'exploitait, et la manière dont on risque de s'occuper de lui par la suite. Ce qui le pousse à se révolter. Comment les considérons-nous donc ? Comme des sous-hommes ne méritant que nos moqueries ? Comme des personnes avec lesquelles il faut uniquement être gentilles ? Comme des personnes tout court ? Derrière ces questions apparaît également l'idée d'eugénisme : est-ce vraiment un bien de n'avoir que des gens dits normaux ?

Bien entendu, Daniel Keyes développe également une réflexion sur l'expérimentation en sciences, thème important de la science-fiction. L'homme a-t-il le droit de trifouiller dans le cerveau d'un autre ? Et quelles conséquences réelles pour cet autre ? Ici Charlie nous fait bien comprendre qu'il n'avait pas compris tous les enjeux dans un premier temps, même s'il les accepte. Quelqu'un d'autre décide pour lui, en l'occurrence sa soeur.

41QFP5E7V0L._SL500_AA240_.jpgAu-delà, ne pourrait-on voir dans cette histoire une métaphore de notre vie entière ? Bien entendu, personne ne vient trifouiller dans notre cerveau (si ce n'est nous-mêmes) mais l'idée de l'histoire est bien de partir de peu pour arriver à être une personne reconnue, intelligente. Et enfin décliner au point que l'on doit s'occuper de vous. Ce serait une vision particulière de la vie (Charlie est à peine reconnue comme une personne, sauf par quelques uns, à cette période que l'on pourrait rapprocher de l'enfance, et y subit toute sorte de traumatismes).

Il faut également souligner l'étude fine de la psychologie humaine que réalise l'auteur au niveau des émotions de Charlie. Celui-ci ne peut dans un premier temps accepter son amour pour Alice et ses implications physiques.

Un récit vraiment attachant, plein de réflexions, intéressant. Du côté du style, le début est un peu agaçant, Charlie ne sachant que peu écrire (et oui, c'est lui qui nous raconte son histoire). Mais l'auteur suit la progression de Charlie, le vocabulaire et la construction syntaxique se complexifiant à mesure de ses  progrès ou de ses régressions.

 

Des Fleurs pour Algernon, Daniel Keyes, J'ai lu, collection Science-Fiction, 252 pages, 4,80 euros

Source : Amazon

12 novembre 2008

Uglies

9782266159241.gifDans un futur proche, le monde aura tellement été pollué par l'homme, par les guerres entre états et humains, qu'il sera décidé que pour être égaux et éviter le conflit, les hommes devront tous être également beaux. Voilà le monde dans lequel vit Tally, mais elle n'est encore qu'une Ugly (=moche). L'opération chirurgicale nécessaire pour devenir belle ne peut se dérouler qu'à partir de ses 16 ans, c'est à dire dans 3 mois. Tous ses amis sont dans le monde des Pretties (=beaux, bien entendu) et s'amusent comme des fous, mais sans elle, puisqu'elle est trop moche pour eux. Tally n'aspire  donc qu'à la beauté (et à s'amuser), mais elle va découvrir qu'il existe des gens qui préfère à la beauté la lucidité, et que le monde des grands n'est pas aussi beau et simple qu'elle l'espérait.

En commençant ce livre, je me suis dit : chouette, encore un truc sur les opérations de chirurgie esthétique ! Je dois dire que ça n'a pas loupé. Néanmoins, Scott Westerfeld (et oui encore lui) a réussi le pari de recréer un monde très intéressant, monde mettant en avant l'idée de normalité, face à l'originalité et à la  personnalité. Car, après tout les Pretties ressemblent plus à des zombies qu'on occupe avec des fêtes qu'à des êtres réellement pensant.

05westerfeld_270x360.jpgL'auteur utilise cependant le biais d'un anti-héros : Tally n'a aucun pouvoir et elle n'agit dans ce livre (en tout cas au début) que pour avoir son opération de chirurgie esthétique, pour pouvoir ressembler aux autres, comme n'importe quel(le) adolescent(e). Et elle agit mal dans un premier temps, par la trahison d'une amie.

Même si ce monde est étranger au nôtre, l'auteur décrit finement les pressions subies par un adolescent : envie de normalité, pression de l'entourage (amis ou famille), envie de plaire... le tout bien entendu arrosé de gadgets futuristes très bien recasés. L'intrigue est bonne, sans pesanteur, et la fin laisse attendre une suite. Et oui encore une fois, il s'agit d'une série, Uglies étant suivi de Pretties, puis de Specials, chaque livre se rapportant à une classe de la population (les Specials sont les Beaux qui font peur, ceux qui ont été tellement transformés pour être meilleurs que les humains qu'ils en deviennent laids...). Je vous en parlerais probablement prochainement mais pas tout de suite....

Scott Westerfeld, "Uglies"

Pocket jeunesse, 432 pages, 13,50 euros

Sources : Fnac, Locusmag.

PS : En fait un quatrième tome vient de sortir : Extras, suivi d'un cinquième (Secrets) mais qui décrypte le monde de Uglies.

10 novembre 2008

"Le Passeur" et "Big Sister"

Une fois n'est pas coutume, je vais ce soir commenter deux livres en même temps... Attention accrochez-vous ! (déjà que d'habitude ce n'est pas facile de me suivre...)

  • 517G1G7AQNL._SL500_AA240_.jpgBig Sister, de Jérôme Leroy, est fortement inspiré, comme son titre l'indique de 1984 de George Orwell. Sauf que Big Sister, qui surveille tout, n'en est qu'à ses débuts : elle n'a que 2 ans au moment où l'histoire se déroule, mais elle commence déjà à prendre son indépendance. En outre, la société humaine est déjà prête, formatée pour la recevoir : on dirait une banlieue américaine, avec des exclus se débrouillant par la violence, des personnes rentrant (pas tous cependant) dans des moules conçus pour en faire des parfaits robots, sur une planète complètement ravagée par la pollution. Bien entendu, certains personnages tentent de rester originaux, de réfléchir, de lutter contre l'absurde de cette situation.
  • Le passeur de Lois Lowry, s'adresse plus à des adolescents et s'inspire sans doute davantage de l'oeuvre d'Huxley, Le meilleur des mondes. En effet, dans le monde de Jonas, chacun a son rôle prédéterminé par le reste de la communauté, les couples sont formés par la communauté, les enfants leur sont attribués également, et lorsque l'on ne rentre pas dans le cadre, on est "élargi". Jonas a douze ans et il va bientôt se voir attribuer un métier, qui va lui faire découvrir tout ce que sa communauté a abandonné : les sentiments, les couleurs, la musique, tout ce qui permet de se différencier.

9782211021661.gifCes deux livres recréent un monde de cauchemars pour nous ; néanmoins, ce que nous propose le premier livre, Big Sister, pourrait n'être pas si éloigné. Big Sister se contente de pointer des caméras, de surveiller comptes en banques, téléphones et ordinateurs. Rien de bien extraordinaire pour le coup, sauf que des vies sont confiées à une machine (et après tout, l'Education nationale se propose bien de surveiller les sites et blogs de ses enseignants pour prévoir tout risque d'opinion... quelle différence ?) Le Passeur propose une vision plus éloignée, même si encore plus cauchemardesque, dans le sens où tout est aseptisé, sans douleur, ni amour.

Les deux livres ont une construction différente. Dans Big Sister, on suit les éléments "déviants", deux ou trois personnages, puis le narrateur change de point de vue pour adopter celui des policiers au service de Big Sister. Dans Le passeur, on ne suit que Jonas et sa progression vers la connaissance de ce qu'est réellement la société dans laquelle il a grandi et vécu.

Dans les deux cas, la réussite des personnages n'est pas connue. A vous d'imaginer...

Jérôme Leroy, "Big Sister", Librio, 126 pages, 1,50 euros.

Lois Lowry, "Le passeur", Ecole des Loisirs, 288 pages,

Sources : Amazon, Fnac

16 octobre 2008

Independence Day

51BG9NPR6AL._SL500_AA240_.jpgJe suis encore dans les livres liés au cinéma. Sauf que contrairement à Entretien avec un Vampire, Independence Day le livre est tiré du film. Il a été écrit par Dean Devlin, Roland Emmerich, et Stephen Molstad. Dean Devlin et Roland Emmerich sont les scénaristes et producteurs du film Independence Day (1996). Stephen Molstad est quant à lui un écrivain de science fiction : outre Independence Day, il a écrit Godzilla (et oui encore une adaptation au cinéma) et le Patriote (je sais que ce n'est pas de la science fiction, mais encore une fois, un film lui est lié).

Je pense que vous allez me demander ce que  peut bien valoir une adaptation à partir d'un film. Vous souvenez-vous du film au moins ? Vous savez, ce film très américain où des petits hommes verts viennent attaquer la Terre pour s'en emparer, en détruisant méthodiquement ville après ville... Et à la fin, ils attrapent tout bêtement un virus qui les fait tomber "malade"... un film avec Will Smith dans l'époque de sa gloire...

Et bien, je dois dire que je m'attendais à bien pire. Lorsque je me suis rendue compte qu'il ne s'agissait qu'une adaptation du film, je me suis dit que ça n'allait être qu'une série de dialogues, un peu comme du théâtre. Et bien, je me suis trompée. Un énorme travail a été réalisé pour en faire un livre qui se lit sans avoir recours au film pour comprendre. Il y a énormément de descriptions, très bien intégrées dans les évènements. Même si les dialogues sont du copier/coller par rapport au film (encore qu'il y ait quelques différences de traduction), ce livre forme une oeuvre à part.

Les personnages sont légèrement plus travaillés que dans le film. Par exemple Julius, le père juif du génie en informatique, possède une aura mystérieuse (il provoque des coïncidences qui se transforment en miracles). La femme du président, qui meurt au cours de l'histoire, possède elle aussi une personnalité distincte en tant que chouchoute des américains. Les passés des personnages sont mieux évoqués et permettent de comprendre certains actes.

alien_id4.jpgIl n'y a que très peu de scènes rajoutées par rapport au film. Quelques unes ont été davantage travaillées : par exemple lorsque sont évoquées les coopérations dans le monde pour battre les méchants hommes verts, les auteurs se permettent de mettre en avant l'idée d'union entre les hommes, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Même si l'histoire reste très américaine, l'auteur réussit à introduire l'idée d'une union des hommes au niveau planétaire dans le livre, plus que le peu qui est montré dans le film.

Au final, un livre qui ne déçoit pas.

En bonus, une scène du film de 1996, à l'humour sympathique pour adolescents...


Dean Devlin, Roland Emmerich, Stephen Molstad , "Independence Day"

Editions J'ai lu, collection "S-F", 382 p.

Sources : Fantastic Fiction, Wikipédia, Dailymotion, DVDactive, Amazon

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