27 novembre 2009

Le peuple du vent

Et oui, me revoici avec un nouveau "Grands Détectives" écrit par Viviane Moore. Cette fois nous nous trouvons au XIIe siècle dans un chateau normand qui me semble assez lugubre.

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Le grand détective est ici un homme, Hugues de Tarse. Il possède la particulaiité d'être d'Orient et a la peau mate si bien qu'en le voyant, certains le prennent pour un "Maure". Hugues de Tarse est connu pour sa sagesse et sa clairvoyance. Il voyage ici avec Tancrède, son élève âgé d'une vingtaine d'années, à qui il enseigne les arts du combat, de l'éloquence, des simples.

Ils se rendent tous deux dans la forteresse normande de Pirou où vit une famille tourmentée. Tancrède et  Hugues assistent à la mort de la soeur du seigneur du lieu : morte de maladie ou empoisonnée ? Ainsi débute ce qui ne ressemble pas à une enquête du tout, puisqu'il s'agit de déductions à partir d'évènements passés.

 

L'ambiance de ce livre est particulière, à l'image de l'atmosphère lourde semblant régner dans le château de Pirou.

S'il ne s'agit pas d'une réelle enquête policière, l'histoire est intéressante, montrant les luttes dans les familles pour l'héritage. Le livre décrit également une partie de la société, à travers la présence des moines ou d'hommes libres, d'évènements particuliers comme les foires ou les enterrements.

Un livre qui se lit bien...

05 septembre 2009

Vert-de-gris

9782702496237-G.jpgViviane Moore nous emmène au Moyen-Age (1154) dans la belle vie de Provins au moment des foires. Des meurtres, des trafics, toutes sortes de petits délits y sont commis. Et c'est au chevalier Galeran de Lesneven d'enquêter, sous le mandat du comte de Champagne, Henri le Large.

 

Il s'agit en fait d'un des tomes d'une série créée par l'auteure dont le héros est bien entendu le chevalier.

 

J'ai apprécié ce policier dans la mesure où il ne s'agit pas simplement d'une enquête sur un meurtre par un seul meurtrier, mais bien d'un travail sur plusieurs crimes, plus ou moins reliés entre eux mais aux protagonistes différents. Un vrai travail de policier, sans impasse sur les affaires les plus importantes. En revanche, même s'il y a une révélation finale sur l'identité des criminels, elle n'est pas totalement inattendue non plus...

 

En outre, ça donne envie de visiter la belle ville médiévale de Provins...

31 août 2009

La dame des ténèbres

Et oui encore un soeur Fidelma, mais bon je ne vous embêterais pas avant un certain temps avec un nouveau Peter Tremayne. Je vous mets la présentation de l'éditeur :

"En 667 de notre ère, sœur Fidelma de Cashel rentre précipitamment de pèlerinage : frère Eadulf, le moine saxon qui l’a si souvent accompagnée dans ses enquêtes, est accusé du meurtre d’une jeune religieuse et serait sur le point d’être exécuté ! N’écoutant que son courage, l’intrépide Fidelma vole au secours de son ami, jusqu’à l’abbaye de Fearna, dans le royaume hostile de Laigin. Sur place, elle engage un périlleux bras de fer avec son vieil ennemi, l’évêque Forbassach et l’inquiétante Fainder, l’abbesse de Fearna. Elle n’a que vingt-quatre heures pour prouver l’innocence de son ami. Quel ignoble secret dissimulent les sinistres murs de l’abbaye et les yeux glacés de l’abbesse ? Les découvertes de sœur Fidelma iront bien au-delà de ses pires soupçons…"


9782264046031R1.JPGUne enquête bien plus intéressante que la précédente, mais encore une fois parcellée de querelles théologiques et juridiques : l'exécution ne fait pas partie du système judiciaire irlandais, celui-ci ne se fondant pas sur la vengeance ou la peur mais sur la compensation du crime. Fidelma se bat donc ici contre un système juridique issu de Rome (les "pénitentiels", à base de chatiments corporels), comme d'habitude...


Les personnages intervenant dans cette enquête sont encore une fois hauts en couleurs, et toujours agressifs ou peu coopératifs. Jeaureusment que Fidelma croise parfois quelques bonnes âmes qui la suppléent.


Vous l'avez compris, une enquête que je trouve plus intéressante que la précédente et de loin... même si la fin manque un peu de saveur...

30 août 2009

Le pélerinage de soeur Fidelma

9782264044495FS.gifLe huitième tome de la série de Peter Tremayne nous entraîne dans un cadre un peu particulier puisque soeur Fidelma se trouve sur un bateau pour mener son enquête. Sa tache n'est pas des plus faciles puisqu'elle se trouve face à son ancien amant, Cian, qu'elle a passionnément aimé lorsqu'elle avait 18 ans (mais c'était pas réciproque apparemment).

 

L'enquête en huis clos donne une ambiance particulière : on ne sait pas qui est l'ennemi mais on sait qu'il y en a forcément un.

 

Mais par contre le thème autour duquel tourne cette histoire est légèrement ennuyeux : les relations amoureuses entre hommes et femmes sont les principales données des crimes commis à bord du bateau. Et je dois avouer que savoir qu'un tel couche avec une telle, puis une autre, qui couche ensuite avec un autre.... ça m'a moyennement intéressé.

 

Par contre, autour, toujours une très bonne documentation, avec la connaissance du droit, de la navigation, des querelles religieuses...

Un volume tirant son intérêt du passé jusqu'alors peu connu de Fidelma.

17 juillet 2009

Pars vite et reviens tard

9782290349311.gifCrazyprof avait tout à fait raison quand elle me prédisait une bonne lecture avec cette enquête écrite par Fred Vargas. C'est le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg qui mène l'enquête : un homme singulier, se fiant en premier lieu à ses intuitions, et qui ici, sent une affaire de très loin.

Des 4 ont été peints sur certaines portes de Paris, laissant parfois une porte de libre. Hasard ? Artiste en mal de publicité ? Le commissaire sent quelque chose de louche derrière ces 4, jusqu'à un premier meurtre : la porte de la victime est la seule de l'immeuble à ne pas être peinte d'un 4 noir.

En même temps, un crieur se retrouve confronté à des messages plus qu'inhabituels, liés à la peste. Celle-ci est annoncée, pour dans peu de jours.

Mon premier Vargas, et un policier qui ne m'a pas déçu. L'auteur réussit à créer une intrigue qui tient la route tout en imaginant des crimes à facettes multiples. De nombreux personnages sont présentés, mais suffisamment pour que le lecteur réussisse à suivre. Les détails sont fouillés et l'on n'est pas ici dans une enquête à la "Expert" où tout se joue à des indices physiques. Ici, l'enquête est avant tout psychologique. Pourquoi la Peste ? Quels liens entre les meurtres ?...

Un bon policier, comme je n'en lis pas souvent... (faut dire que je n'en lis pas tant que ça...)

 

Petit break pendant la semaine et demie qui vient pour cause de vacances... Mais ne vous en faites pas, je lis pendant mes vacances...

13 juillet 2009

Les âmes grises

J'ai classé ce livre de Philippe Claudel dans la catégorie "policier", mais sans conviction. Il y a certes un meurtre et un semblant d'enquête qui parsème le livre, mais il ne s'agit pas d'un pur policier. C'est un livre qui m'a déçu et s'est racheté sur la fin.

2234056039.08.MZZZZZZZL'histoire débute par le meurtre d'une jolie petite fille en 1917. Le narrateur est une sorte de policier habitant une petite ville située près du front de la Première Guerre Mondiale (on y entend le canon...). Il nous raconte ce qu'il connaît de l'enquête à laquelle il a participé (plus ou moins). Jusque là cela ne semble pas trop mal. Le premier chapitre traite de la découverte du corps. Sauf qu'il faut ensuite attendre la page 109 pour retrouver ce corps et l'enquête... Entre-temps ? L'inspecteur nous raconte la vie de certains personnages de la ville qui ne semblent pas réellement liés au meurtre. Si bien qu'on s'ennuie à attendre que l'enquête commence réellement.

Et même après, certains évènements dans la vie de l'inspecteur font que pas grand chose se passe pour retrouver le meurtrier de la petite. Si bien qu'à la fin, désolée de vous le dire, mais on ne sait toujours rien...

Autrement, un bon livre sur ce que peut être l'attente à l'arrière de la guerre. L'attente du retour à une vie normale.

Pour résumer, c'est bien écrit mais j'ai trouvé ça très long... Mais il a quand même reçu le prix Renaudot, donc c'est qu'il a dû plaire à quelques-uns....

01 juillet 2009

Le sang du moine

9782264044242.jpgDe retour avec Peter Tremayne et une nouvelle enquête encore une fois politique dans l'Irlande du VIe siècle. Un attentat est commis contre le roi de Muman et le prince des Ui Fdgente en visite pour négocier la paix. Fidelma est chargée de défendre son frère, le roi Colgu accusé par les Ui Fidgente d'avoir mis au point un complot pour se débarasser de ce peuple hostile.

Encore une bonne enquête. Je trouve juste ennuyeux le fait que Peter Tremayne reprenne régulièrement le même schéma : soeur Fidelma piétine dans son enquête jusqu'au dernier moment où arrive un indice. Si bien qu'au procès, elle énonce la solution devant des adversaires ébahis.

Un autre reproche. Soeur Fidelma mène ses enquêtes avec le frère Eadulf. Mais rien ne se passe tout au long du livre. A la fin, Peter Tremayne glisse juste une petite conversation pour montrer que les deux religieux sont amoureux. Et puis c'est tout. A ce compte, il ferait mieux d'oublier cette romance.

 

Avec l'arrivée des vacances, je risque de moins alimenter ce blog (même si j'ai plein de livres en réserve)... désolée ! Je ne fixe donc pas de rendez-vous mais venez toujours me voir !

27 mai 2009

L'énigme des Blancs-Manteaux

9782264031778R1.GIFCertains auront sans doute vu la diffusion, il y a quelques temps déjà, de la série télévisée sur Nicolas Le Floch. Voici l'un des romans à partir desquels cette adaptation est née. L'auteur est Jean-François Parot, historien de formation. Il nous emmène donc dans le Paris du XVIIIe siècle, à la suite d'un jeune provincial, confié au Lieutenant Général de Sartine, pour être formé dans la police de la capitale. Jusqu'au jour où De Sartine lui confie sa propre affaire : la disparition d'un commissaire, plongé dans les secrets d'Etat.

Un bon policier qui se lit rapidement, et dont l'intrigue, presque entièrement située à Paris, nous permet de découvrir certains aspects du fonctionnement d'une capitale du 18e siècle, habitée d'une société diverse, aux coutumes parfois étranges. Simplement, le dénouement me semble un peu facile : l'enquête semble ne pas avancer à certains moments, et tout d'un coup tout est résolu (même si la fin était assez attendue...)

La galerie de personnages rencontrées et décrites est assez importante. Mais j'ai trouvé que l'auteur s'en tirait suffisamment bien pour que l'on ne s'y perde pas. Le Floch constitue cependant l'archétype de l'enquêteur hors pair : il sait interroger en menant le suspect ou le témoin par le bout du nez, il sait commander à son inspecteur (tout en tenant compte de ses avis), il déduit facilement et sans se tromper, il sait s'entourer du personnel le plus adéquat... un véritable professionnel, formé en peu de temps... Et en plus, jeune et bel homme !

Un premier tome qui promet beaucoup pour la suite....


Rendez-vous vendredi pour "Entre chiens et loups" de Malorie Blackman.

21 mai 2009

Les deniers du Gévaudan

Et oui j'ai encore changé mes couleurs. Certains trouveront sans doute ces couleurs un peu plus "flashies" mais ça changera du noir.

9782264049711.jpgCe livre m'a été offert par mon Zamoureux : Merci ! Laetitia Bourgeois nous emmène en 1363 dans le Cévenol, peu de temps donc après la Grande épidémie de peste de 1348, et après au moins une rechute. La peste a durement frappé le village de Marcouls. Mais cette communauté plus ou moins solidaire est frappée d'un nouveau malheur : le receveur de taille a disparu, avec l'argent bien sûr. Il faut donc réussir à prouver que le receveur est bien passé et retrouver l'argent sinon la taxe devra être encore payée par les habitants.

C'est le sergent du village, Barthélémy, qui se charge de l'enquête. Il a une semaine pour trouver la vérité. Il joue le rôle du héros menant son enquête à la perfection. Et Laëtitia Bourgeois ne s'amuse pas avec des indices peu crédibles comme dans certains policiers à la mode "Experts". Néanmoins, il n'est pas le seul à enquêter, puisque nous suivons également Ysabellis, la guérisseuse du village, femme un peu à part, mais courageuse et sensée.

Et oui, ce livre s'intéresse également au rôle des femmes dans la société médiévale : elles tiennent la maison, s'occupent des enfants, veillent les morts, souffrent de la mort de leurs enfants ou de leur mari, observent et peuvent témoigner de ce qu'elles ont vu.

L'intrigue est plutôt bien conçue, et l'auteur décrit particulièrement les besoins et problèmes des gens de l'époque : le moindre coup de froid peut être fatal, et les enfants sont l'objet de toutes les attentions dès qu'ils tombent malades. La mort semble omniprésente et les villageois s'aident plus ou moins mutuellement.

Un bon livre même si je n'ai pas trouvé le style formidable au début.  Il reste néanmoins bien écrit. Le dénouement était en tout cas inattendu pour moi.


Rendez-vous samedi avec "Quand on est mort, c'est pour toute la vie" d'Azouz Begag.

14 avril 2009

Elémentaire, ma chère Sarah !

J'ai acheté ce livre de Jô Soares sur recommandation de plusieurs références sûres (revues professionnelles notamment). Mon collègue a ouvert le livre à une certaine page et est tombé sur une scène de sexe ; du coup il  me faut justifier la présence de ce livre dans le fonds. Je l'ai donc lu et ne trouve pas qu'il soit particulièrement déplacé.

L'histoire se déroule en 1886 au Brésil. Un violon a été volé à la maîtresse de l'empereur du Brésil. Sarah Bernhardt, la célèbre actrice française, est en tournée dans le pays, et propose à l'empereur les services de Sherlock Holmes, un de ses amis. En même temps des meurtres violents sont perpétrés à Rio de Janeiro, Sherlock Holmes est donc également associé à l'enquête.

286458-0.jpgLa scène de sexe (qui est d'ailleurs interrompue, il ne se passe rien sinon de l'excitation) se produit parce que Sherlock Holmes est tombé amoureuse d'une belle mulâtresse. C'est son premier amour (il est pourtant déjà connu et âgé) et il se laisse emporter par la passion. Cette scène se produit une autre fois dans le livre mais il ne se passe rien non plus. En outre, il s'agit d'une histoire d'amour, il n'y a rien de dégradant ou de choquant dans la description (bon c'est sûr que je ne laisserai pas ce livre dans les mains de 6e, mais en même temps, je travaille en lycée, donc...)

J'ai trouvé ce livre particulièrement intéressant parce que l'auteur a réalisé un énorme travail pour le resituer dans son cadre du 19e siècle : goûts et cultures aristocratiques, publications littéraires, recherches scientifiques, nouvelles habitudes de consommation, Jô Soares ne laisse rien au hasard. Sherlock Holmes possède même l'habitude choquante pour nous de se doper à la cocaïne, comme certains hommes de l'époque. Les cercles littéraires de Rio de Janeiro sont présents dans le livre, si bien que pour qui cherche des références d'auteurs brésiliens, il suffit de prendre note (en outre des biographies sont proposées à la fin)

Bien entendu tout un aspect de la société de Rio est laissée de côté. Sont évoquées les filles de joie, beuveries, et autres misères (abandon d'enfant par exemple), mais Jô Soares n'en fait pas le fond de l'histoire. Apparaît également le thème de l'abolition de l'esclavage mais ce n'est pas non plus un grand combat.

L'histoire de meurtre est par contre assez sordide. Un homme tue des femmes sans motif de manière violente, puis leur coupe la langue, avant de laisser une corde d'archer enroulée dans les poils de leur pubis. Sherlock Holmes invente à cette occasion le terme de "serial killer" (mais bien sûr...). L'intrigue n'est pas trop mal ficelée mais manque un peu de ressort, je trouve. Il n'y a guère de moyens pour Sherlock de mettre en avant ses talents de déduction (ou alors, il se trompe de manière assez burlesque). Donc, pour moi, ce n'est pas l'intrigue policière la plus intéressante (sauf la conclusion).

En revanche, l'auteur fait preuve d'humour en nous présentant Sherlock Holmes. Celui-ci se trompe régulièrement. Il est bien moins brillant que dans la légende, au point de se faire remettre en place par des enquêteurs amateurs. Et je n'en dirais pas plus mais il ne se montre pas meilleur à la fin de l'histoire. Il y a d'ailleurs à mon avis des autres indices laissés par l'auteur mais je dois avouer que je n'ai pas lu Elémentaire, ma chère Sarah ! dans cette optique.

En conclusion, je laisserais donc cet ouvrage dans le fonds : les scènes de sexe ne sont pas choquantes et sont loin de constituer l'essentiel du livre, les références culturelles (littéraires et artistiques) sont nombreuses et intéressantes, le Brésil du 19e siècle reste un lieu mal connu. Néanmoins, je ne le conseillerai qu'à de bons lecteurs : l'écriture est agréable mais l'histoire est dense. Un bon livre intéressant...

 

Rendez-vous vendredi pour "Une fille comme ça" de Sara Zarr.

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