27 novembre 2009

Le peuple du vent

Et oui, me revoici avec un nouveau "Grands Détectives" écrit par Viviane Moore. Cette fois nous nous trouvons au XIIe siècle dans un chateau normand qui me semble assez lugubre.

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Le grand détective est ici un homme, Hugues de Tarse. Il possède la particulaiité d'être d'Orient et a la peau mate si bien qu'en le voyant, certains le prennent pour un "Maure". Hugues de Tarse est connu pour sa sagesse et sa clairvoyance. Il voyage ici avec Tancrède, son élève âgé d'une vingtaine d'années, à qui il enseigne les arts du combat, de l'éloquence, des simples.

Ils se rendent tous deux dans la forteresse normande de Pirou où vit une famille tourmentée. Tancrède et  Hugues assistent à la mort de la soeur du seigneur du lieu : morte de maladie ou empoisonnée ? Ainsi débute ce qui ne ressemble pas à une enquête du tout, puisqu'il s'agit de déductions à partir d'évènements passés.

 

L'ambiance de ce livre est particulière, à l'image de l'atmosphère lourde semblant régner dans le château de Pirou.

S'il ne s'agit pas d'une réelle enquête policière, l'histoire est intéressante, montrant les luttes dans les familles pour l'héritage. Le livre décrit également une partie de la société, à travers la présence des moines ou d'hommes libres, d'évènements particuliers comme les foires ou les enterrements.

Un livre qui se lit bien...

09 novembre 2009

La Grâce au Désert

Il y a très peu de temps je vous avais parlé du livre d'Aranka Siegal, intitulé Sur la Tête de la Chèvre. Voici la suite de ce livre.

 

siegaldesert.jpgPiri a réussi à survivre à Auschwitz. Sa soeur Iboya également. Toutes deux sont prises en charge par la Croix Rouge et envoyées en Suède pour se reconstruire. Mais tout ne se reconstruit pas si facilement. Et pourquoi ne pas retourner chez soi ? Ou créer son foyer ailleurs, en Israël peut-être ?

 

Encore une fois, Aranka Siegal trouve les mots justes et simples pour expliquer les bouleversements de sa vie liés à la fin de la guerre. Elle aborde très clairement la question de l'identité, de la recherche des survivants, de la reconstruction, du problème de l'appartenance à un pays, une famille, un groupe.

Plus subtilement, elle réussit à évoquer différents épisodes de la vie au camp sans faire de ce livre un récit complet sur les camps nazis. A travers des souvenirs, des flashs...

Et un livre tout à fait accessible par des adolescents, pouvant servir d'introduction peut-être à des lectures plus dures (plus tard peut-être).

28 octobre 2009

Sur la tête de la chèvre

Aranka Siegal nous raconte dans ce livre son histoire. Elle est une jeune hongroise, juive vivant ses 12-13 ans dans les années 1940. Vous imaginez de quoi va parler ce livre.

 

770000_2888610.jpgPiri (c'est ainsi qu'on nomme l'auteure dans le livre) a une grand-mère, Babi, profondément croyante et attachée à sa terre. Elle vit dans un petit village. La famille de Piri habite, elle, en ville. Son père est soldat et combat jusqu'à ce qu'il soit emprisonné en Russie. Sa mère, Rise, est une femme exceptionnelle. Elle réagit en conservant sa dignité tout en aidant les autres. Piri a également 5 autres soeurs, dont 4 plus agées, et un petit frère.

 

L'histoire commence au début des années 1940. Même si Babi, la grand-mère, sait bien que les Juifs sont toujours des boucs émissaires désignés, le gouvernement hongrois réussit à maintenir un semblant d'égalité entre les Juifs et les autres. Piri voit peu à peu la situation se dégrader : elle ne peut plus aller à l'école, elle ne sort qu'avec prudence, sa mère se déguise, une de ses soeurs est emmenée. Jusqu'au jour où les allemands arrivent et enferment les Juifs dans un ghetto avant de les emmener à Auschwitz (la fin de l'histoire est le départ du train vers Auschwitz).

 

L'auteure nous raconte son histoire de manière assez simple, sans grands effets d'émotion, en reprenant les évènements telle qu'elle a pu les vivre, avec ses questions : qu'est-ce qu'être juif ? Pourquoi nous et pas les autres ?

 

Un livre qui décrit aussi les conditions de vie des hongrois durant la guerre, notamment la dégradation de l'approvisionnement.

Un livre simple pour adolescent, qui n'est pas là pour choquer, mais pour montrer les évènements de la Shoah.

Un simple regret : je n'ai appris à la fin qu'il s'agissait d'une autobiographie. Et pour certaines personnes, nous ne savons pas si elles ont survécu, comment elles sont mortes, jusqu'où elles ont pu pousser leur survie...

25 octobre 2009

Vies de sorcières

Il y a quelques temps, je vous ai parlé du livre de Celia Rees, "Journal d'une Sorcière", racontant l'histoire d'une jeune anglaise arrivant au Nouveau Monde en pleine colonisation. En voici la suite.

 

9782020510844FS.gifMary a dû fuire la colonie, accusée de sorcellerie par des gamines jalouses. Elle est recueillie par les Indiens qui habitaient dans les bois à proximité de la colonie. Elle se marie avec l'un d'entre eux, est initiée à l'art de la guérison et a deux enfants. Malheureusement, ce n'est pas la meilleure période pour les Indiens, et ceux-ci entrent en guerre contre les Anglais. Vous imaginez bien que la suite sera bien plus dramatique pour Mary.

 

Un bon livre sur les guerres indiennes, le problème également des épidémies qui ont dévasté les différentes tribues, ou bien celui de la conversion (encore qu'il n'est pas tant abordé ici). Un livre qui pose également la question de la légitimité des musées : de quel droit des restes humains ou des objets considérés comme sacrés sont-ils exposés à la vue de tous dans des musées ? Et je n'ai pas de réponse satisfaisante...

22 octobre 2009

L'un des nôtres

9782743605575.jpgWilla Cather nous entraîne aux Etats-Unis dans les années 1910. Claude Wheeler est le fils d'agriculteurs d'une ferme du Nébraska. Il ne sait pas encore réellement où est sa place. Il aimerait quitter son milieu, faire des études autres que théologiques, se faire un nom dans la société, et que quelque chose lui arrive. Mais son éducation, les circonstances familiales font qu'il reste agriculteur après avoir goûté à la bonne société.

Il se marie avec une jeune fille qu'il pensait aimer, mais la pudibonderie de celle-ci ne répond aucunement à ses besoins. En outre, Enyd part rejoindre sa soeur en Chine qui est missionnaire. Et la Première Guerre Mondiale commence, créant dans la tête de Claude une réflexion intense sur son avenir. Il part bien sûr pour l'Europe en 1918.

 

Un bon livre sur les Etats-Unis, une certaine mentalité peut-être, et les agriculteurs.

Surtout, il apporte un éclairage différent sur la manière de voir la Première Guerre Mondiale. Ici, à travers un océan. A travers les yeux de personnes dont les voisins sont parfois allemands. A travers les yeux d'un personnage qui cherche une façon de vivre.

 

Bon, je dois avouer que je l'ai trouvé un peu long. Certaines pistes ne sont pas explorées jusqu'au bout. Que devient Enyd, la femme de Claude ? Et celle que Claude aime réellement, Gladys Farmer ? Et peut-on vraiment se réaliser dans la guerre ?

28 septembre 2009

Le Louvetier : Gallica Livre 1

Bon, j'ai classé ce livre en Fantasy et Historique ce qui peut sembler un peu paradoxal. En fait, je pense que Henri Loevenbruck (l'auteur) est un historien refoulé doublé d'un amateur de Fantasy. Je vous explique.

 

9782914370653.jpgLa première page est constituée d'une carte de la France accompagnée de drôles de noms, la France étant nommée Gallica, le Duché de Bourgogne "duché de Burgon", les villes transformées également à partir de l'étymologie latine il me semble ("Lutès" pour Paris bien sûr). Et tout le livre est en fait constitué ainsi. Nous sommes en 1154, le roi se nomme Livain VII. Il a répudié sa femme Hélène de Quienne, grande protectrice des troubadours, celle-ci se remariant au roi de Brittia, Emmer de Capigesne. Tout ceci ne vous rappelle rien ?

Je dois dire que ce côté historique est légèrement agaçant puisqu'à tout moment on cherche à reconnaître dans les personnages nommés des personnages historiques, si bien qu'en fin de compte il aurait été plus simple de conserver les vrais patronymes.... J'ai failli arrêter ce livre en cours de route à pour cette raison.

 

Pourquoi ai-je continué ? Le côté fantastique est bien plus intéressant.

Nous suivons un jeune homme nommé Bohem. Il ne le sait pas encore mais il possède un grand pouvoir. Gallica est encore en partie peuplée de "Brumes", créatures légendaires telles que la licorne, les chimères, les vouivres. Mais ces créatures sont poursuivies par l'Eglise, vues comme des oeuvres du Diable. Les chasseurs des "Brumes" sont les louvetiers. Bohem est le fils de l'un d'entre eux. Mais il admire ces créatures et ne veut pas prendre la suite de son père.

Son village est attaqué un jour par de féroces guerriers et il comprend que c'est pour lui que l'on vient. Commence alors une fuite exaltante au cours de laquelle Bohem découvre son identité réelle ainsi que certains de ses pouvoirs.

 

Le côté fantastique est particulièrement original. Interviennent donc ces "Brumes", également des Druides, un inquiétant Merlin (ou "Homme Sauvage"). Tout une création fantastique (s'inspirant certes de légendes existantes) dont on ne connaît encore pas tous les tenants à la fin de ce volume (et oui il y a encore une suite....).

Originalité que je trouve gâchée par cette fantaisie de l'auteur de nous situer dans un contexte historique qui ne l'est pas.

16 septembre 2009

Re-Les Bienveillantes

Je n'ai toujours pas fini ce livre même si je ne vais pas tarder à abandonner (j'ai pas mal avancé ce week-end : page 423).

 

Pourquoi vais-je abandonner (probablement) ? Parce que ce livre commence à me lasser :

  • Il parle, entre autres, de l'action des Einsatzgruppen puisque le narrateur est un SS. Mais le récit est froid, détaché, sans aucune émotion. La seule interrogation du narrateur est autour de l'effet psychologique sur les hommes des exécutions plus ou moins bien organisées et disciplinées.
  • De nombreux termes allemands ne sont pas traduits, notamment autour des grades de la SS ou de diverses actions.... Si bien que je ne sais pas toujours de quoi l'on parle
  • Les personnages rencontrés par le narrateur sont en quantité trop importantes pour ma mémoire.
  • La narration est parfois longue : on passe d'une ville à une autre, sans savoir réellement où l'on est ni à quelle date (en gros on se repère aux saisons et à quelques faits marquants comme la chute de Stalingrad)
  • En cette page 423, je sens que le narrateur va repartir dans une nouvelle étape horrible des exterminations, et je crois que je n'aurais pas le courage de relire ça.

 

Bon, le livre est quand même bien écrit et possède quelques passages croustillants. J'ai particulièrement apprécié le débat entre le narrateur et un commissaire du peuple soviétique sur les similitudes entre le nazisme et le "bolchévisme". Certaines analyses sont très intéressantes, et l'auteur développe une réflexion poussée sur de nombreux thèmes.

 

Mais c'est parfois beaucoup trop long...

 

05 septembre 2009

Vert-de-gris

9782702496237-G.jpgViviane Moore nous emmène au Moyen-Age (1154) dans la belle vie de Provins au moment des foires. Des meurtres, des trafics, toutes sortes de petits délits y sont commis. Et c'est au chevalier Galeran de Lesneven d'enquêter, sous le mandat du comte de Champagne, Henri le Large.

 

Il s'agit en fait d'un des tomes d'une série créée par l'auteure dont le héros est bien entendu le chevalier.

 

J'ai apprécié ce policier dans la mesure où il ne s'agit pas simplement d'une enquête sur un meurtre par un seul meurtrier, mais bien d'un travail sur plusieurs crimes, plus ou moins reliés entre eux mais aux protagonistes différents. Un vrai travail de policier, sans impasse sur les affaires les plus importantes. En revanche, même s'il y a une révélation finale sur l'identité des criminels, elle n'est pas totalement inattendue non plus...

 

En outre, ça donne envie de visiter la belle ville médiévale de Provins...

31 août 2009

La dame des ténèbres

Et oui encore un soeur Fidelma, mais bon je ne vous embêterais pas avant un certain temps avec un nouveau Peter Tremayne. Je vous mets la présentation de l'éditeur :

"En 667 de notre ère, sœur Fidelma de Cashel rentre précipitamment de pèlerinage : frère Eadulf, le moine saxon qui l’a si souvent accompagnée dans ses enquêtes, est accusé du meurtre d’une jeune religieuse et serait sur le point d’être exécuté ! N’écoutant que son courage, l’intrépide Fidelma vole au secours de son ami, jusqu’à l’abbaye de Fearna, dans le royaume hostile de Laigin. Sur place, elle engage un périlleux bras de fer avec son vieil ennemi, l’évêque Forbassach et l’inquiétante Fainder, l’abbesse de Fearna. Elle n’a que vingt-quatre heures pour prouver l’innocence de son ami. Quel ignoble secret dissimulent les sinistres murs de l’abbaye et les yeux glacés de l’abbesse ? Les découvertes de sœur Fidelma iront bien au-delà de ses pires soupçons…"


9782264046031R1.JPGUne enquête bien plus intéressante que la précédente, mais encore une fois parcellée de querelles théologiques et juridiques : l'exécution ne fait pas partie du système judiciaire irlandais, celui-ci ne se fondant pas sur la vengeance ou la peur mais sur la compensation du crime. Fidelma se bat donc ici contre un système juridique issu de Rome (les "pénitentiels", à base de chatiments corporels), comme d'habitude...


Les personnages intervenant dans cette enquête sont encore une fois hauts en couleurs, et toujours agressifs ou peu coopératifs. Jeaureusment que Fidelma croise parfois quelques bonnes âmes qui la suppléent.


Vous l'avez compris, une enquête que je trouve plus intéressante que la précédente et de loin... même si la fin manque un peu de saveur...

30 août 2009

Le pélerinage de soeur Fidelma

9782264044495FS.gifLe huitième tome de la série de Peter Tremayne nous entraîne dans un cadre un peu particulier puisque soeur Fidelma se trouve sur un bateau pour mener son enquête. Sa tache n'est pas des plus faciles puisqu'elle se trouve face à son ancien amant, Cian, qu'elle a passionnément aimé lorsqu'elle avait 18 ans (mais c'était pas réciproque apparemment).

 

L'enquête en huis clos donne une ambiance particulière : on ne sait pas qui est l'ennemi mais on sait qu'il y en a forcément un.

 

Mais par contre le thème autour duquel tourne cette histoire est légèrement ennuyeux : les relations amoureuses entre hommes et femmes sont les principales données des crimes commis à bord du bateau. Et je dois avouer que savoir qu'un tel couche avec une telle, puis une autre, qui couche ensuite avec un autre.... ça m'a moyennement intéressé.

 

Par contre, autour, toujours une très bonne documentation, avec la connaissance du droit, de la navigation, des querelles religieuses...

Un volume tirant son intérêt du passé jusqu'alors peu connu de Fidelma.

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