16 décembre 2009

Les chevaliers d'Emeraude, t. 2 : Les dragons de l'Empereur noir

9782749906621.jpgJ'ai mis beaucoup de temps à lire ce second tome d'Anne Robillard pour deux raisons : le premier tome (Le Feu dans le Ciel) ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable (donc beaucoup de mal à se rappeler la fin du livre...) et ce second tome réunit tous les défauts du premier en les accentuant (peut-être parce que ça fait deux fois que je lis avec les mêmes défauts).

 

L'histoire : Les apprentis des Chevaliers d'Emeraude ont grandi. Ils ont désormais leurs propres Apprentis. Mais Kira n'en fait pas partie alors qu'elle est la plus douée, notamment en magie. Elle veut être formée à se battre et intervient régulièrement dans la vie des Chevaliers, tandis que l'Empereur noir envoie de nouveau des Dragons sur le continent ainsi qu'un sorcier répugnant et particulièrement ambitieux.

 

Revenons à notre commentaire. Quels défauts ?

Je trouve l'écriture de l'auteure étrange. Elle utilise un style bien trop simple pour raconter des évènements qui ne sont pas destinés à être lus par des élèves de primaire. Bon, en même temps, le cadre est suffisamment féérique pour que si. Mais je trouve certains passages trop adultes et travaillés pour être compréhensibles de tous (au niveau du fond et de l'histoire, pas du style, vous l'avez compris). Comme me l'a dit Véro hier au téléphone (et oui y'a pas que les blogs...), les Chevaliers (âgés au minimum de 20 ans) parlent comme des ados de 13 ans. Il y a quelque chose qui semble décalé dans ce livre.

En même temps, il ne se passe pas grand chose. L'histoire n'a pas réellement avancé entre le début de ce volume et la suite. De nombreuses pistes sont lancées sans être suivies. Oui, Kira a invoqué un Chevalier mort, et alors ? Oui Wellan est envouté par une fantôme, pour autant, agit-il contre ?

Un livre un peu brouillon, en fin de compte.

 

28 septembre 2009

Le Louvetier : Gallica Livre 1

Bon, j'ai classé ce livre en Fantasy et Historique ce qui peut sembler un peu paradoxal. En fait, je pense que Henri Loevenbruck (l'auteur) est un historien refoulé doublé d'un amateur de Fantasy. Je vous explique.

 

9782914370653.jpgLa première page est constituée d'une carte de la France accompagnée de drôles de noms, la France étant nommée Gallica, le Duché de Bourgogne "duché de Burgon", les villes transformées également à partir de l'étymologie latine il me semble ("Lutès" pour Paris bien sûr). Et tout le livre est en fait constitué ainsi. Nous sommes en 1154, le roi se nomme Livain VII. Il a répudié sa femme Hélène de Quienne, grande protectrice des troubadours, celle-ci se remariant au roi de Brittia, Emmer de Capigesne. Tout ceci ne vous rappelle rien ?

Je dois dire que ce côté historique est légèrement agaçant puisqu'à tout moment on cherche à reconnaître dans les personnages nommés des personnages historiques, si bien qu'en fin de compte il aurait été plus simple de conserver les vrais patronymes.... J'ai failli arrêter ce livre en cours de route à pour cette raison.

 

Pourquoi ai-je continué ? Le côté fantastique est bien plus intéressant.

Nous suivons un jeune homme nommé Bohem. Il ne le sait pas encore mais il possède un grand pouvoir. Gallica est encore en partie peuplée de "Brumes", créatures légendaires telles que la licorne, les chimères, les vouivres. Mais ces créatures sont poursuivies par l'Eglise, vues comme des oeuvres du Diable. Les chasseurs des "Brumes" sont les louvetiers. Bohem est le fils de l'un d'entre eux. Mais il admire ces créatures et ne veut pas prendre la suite de son père.

Son village est attaqué un jour par de féroces guerriers et il comprend que c'est pour lui que l'on vient. Commence alors une fuite exaltante au cours de laquelle Bohem découvre son identité réelle ainsi que certains de ses pouvoirs.

 

Le côté fantastique est particulièrement original. Interviennent donc ces "Brumes", également des Druides, un inquiétant Merlin (ou "Homme Sauvage"). Tout une création fantastique (s'inspirant certes de légendes existantes) dont on ne connaît encore pas tous les tenants à la fin de ce volume (et oui il y a encore une suite....).

Originalité que je trouve gâchée par cette fantaisie de l'auteur de nous situer dans un contexte historique qui ne l'est pas.

14 juillet 2009

La symphonie des siècles t.1 : Rhapsody 1ère partie

Voici une nouvelle série de fantasy, appartenant à mon Zamoureux, écrite par Elizabeth Haydon. Encore une fois, l'édition a décidé de nous compliquer la vie puisque le nom général de la série est "La Symphonie des siècles", le titre de ce volume est "Rhapsody 1" (le seconde tome étant "Rhapsody 2").

jpg_rhapsody_1.jpgEncore un nouveau monde fantastique, plus ou moins médiéval, avec des peuplades aux noms bizarres : des humains, des Lirins (des bois, du ciel... des genres d'Elfes sans les oreilles pointues si j'ai bien compris... en tout cas très proches de la nature), des Firbolgs (géants monstrueux intelligents, mais pas très gentils), un démon, des prêtres.... Enfin, encore un monde intéressant fondé sur la magie utilisée grâce à la musique.

Rhapsody est une demie-Lirin. Ancienne prostituée, elle se forme à devenir un barde, puis une Baptistrelle, maîtrisant la magie à travers le chant, la connaissance des noms de chaque élément et de leurs mélodies associées. Magie pouvant guérir, aider aux récoltes, transformer certaines choses. Mais en tant qu'ancienne prostituée, un certain Michael Vent de Mort est à sa recherche pour user de ses services. Ne voulant lui obéir, elle s'enfuit et rencontre sur son chemin un assassin, qu'elle appelle Achmed, et son acolyteGrunthor, un demi-Firbolg. S'ensuit une grande aventure à travers la Terre et les siècles (et oui les siècles...)

Comme toute nouvelle série de Fantasy, il faut réussir à entrer dans un nouveau monde. Ici, beaucoup de bonnes idées, une grande réflexion sur la mythologie de ce monde, sur les pouvoirs magiques. Le tout arrosé de plaisanteries et d'humour noir liés à l'ancienne condition de Rhapsody.

Un bon petit fantastique, mais qui comme d'habitude, est conçu pour nous pousser à acheter la suite.... je veux savoir la suite !!!

 

20 juin 2009

Chroniques des Franges Féériques

Nicolas Cluzeau nous entraîne dans un tout nouveau monde fantastique, celui des Franges Féériques, pour suivre les "Enquêtes d'Harmelinde Crommlynk". Bon, encore une fois, il faut rentrer dans un nouveau monde fantastique, d'autant plus que je n'ai apparemment pas commencé par le premier volume de l'auteur sur ce monde. Et il s'agit encore une fois d'un monde particulièrement complexe, avec des histoires d'être-fées, d'hommes-bêtes, de religions différentes et dieux divers (légèrement pour certains inspirés de la mythologie grecque), de magie basée sur l'essence des êtres... Enfin, donc un monde complexe, et très intéressant, même si pour le coup, je n'ai pas tout compris...

9782915653090.jpgHarmelinde de Crommlynk est une jeune apprentie mage arrivée sur l'île d'Orlandie pour réaliser une étude particulière. Elle est sous la direction du mage Bonisal, qui suit aussi un autre apprenti nommé Ersean. Ersean revient de voyage avec un ami, appartenant à une autre religion, Xéphérid. Ce sont tous trois des adolescents de 15 ans environ.

Ce ne sont pas réellement des enquêtes que mène Harmelind, mais bien des quêtes (deux en fait). Dans la première, deux enfants tombent malades, probablement victimes d'un mauvais sort, et le père appelle le mage Bonisal à la rescousse. Evidemment, Bonisal est absent ; les trois adolescents décident de faire ce qu'ils peuvent et se retrouvent dans le Marais Glauque, un endroit particulièrement peu fréquentable et plein de surprises...

Pour la deuxième "enquête", c'est Bonisal lui-même qui a besoin d'aide : un ami le ramène, un Mangeur d'Ames étant en train de faire son oeuvre dans le cerveau du mage. Il n'y aurait pas de remède mais les adolescents partent quand même en recherche.

Bon, comme vous l'avez compris, Harmelinde est loin d'être la seule enquêtrice. Dans les deux histoires, on retrouve les trois adolescents, aidés par le Troll Ferhian (et oui il y a des trolls, des demis-trolls, des nymphes... mais pas d'elfe pour ce que j'en ai lu...)

Ce sont encore une fois des adolescents les héros. Mais cela ne fait pas pour moi de ce livre un livre pour ado : la trame du nouveau monde n'est pas forcément facile à saisir et même rébarbative au début. Le style est très bon, mais très élevé aussi. Et surtout, l'auteur n'hésite pas à faire preuve de violence, voire de mort dans son écrit, surtout dans la deuxième enquête où le nombre de victimes est important.

Il y a de la violence,certes, mais bien placée. L'histoire se déroule bien, est bien construite, et il y a peu de temps mort. (Un seul reproche, la première enquête traine un peu en longueur, les enfants malades passant très rapidement en arrière plan) J'essaierais peut-être à l'avenir de lire les premiers tomes écrits par cet auteur...

 

Rendez-vous mardi pour "La Nostalgie de l'Ange" d'Alice Sebold.

07 juin 2009

Krondor : La Guerre des Serpents t.1 : L'ombre d'une reine noire

Merci aux Trolls pour ce livre de Raymond E. Feist. Une nouvelle série, toujours dans le monde de Mikdémia, s'intitulant la Guerre des Serpents. Nous changeons encore une fois de personnages (comme à chaque cycle apparemment) mais ceux-ci restent attachés au royaume de Krondor.

9782914370790.gifLe personnage principal se nomme Erik. Il est apprenti forgeron à la Lande Noire, mais surtout le bâtard du baron de la Lande Noire. Et bâtard bien visible puisqu'il lui ressemble comme deux gouttes d'eau et que sa mère a réclamé devant public la reconnaissance de ce fils. Il est donc détesté de son demi-frère, héritier légitime de la baronnie mais plus jeune que lui. Ce demi-frère lui tend donc un piège, mais meurt dans le traquenard tué par Erik et son meilleur ami. Ils sont tous deux obligés de fuir.

En parallèle on suit une certaine Miranda, à la recherche du célèbre magicien Pug des étoiles (déjà vu dans les cycles précédents). En effet, une invasion se prépare : au-delà de la mer, les Panathians (hommes-serpents) sont en train d'envahir tout un continent et semblent prêts à prendre possession de tout Mikdémia. Le problème : ils ne sont pas spécialement des agents du bien, mais plutôt de la mort et du néant. Pug est donc recherché de tout agence pour aider.

On a plaisir à retrouver dans ce volume des personnages connus dans les autres séries parallèles (Guerre de la Faille ou Entre-Deux Guerres), même s'ils ne sont cités que de loin en loin. Quelques-uns interviennent comme Nakor, le facétieux  Islahan et ses oranges, ou Pug. Mais leur participation reste sporadique, mais déterminante.

Raymond E. Feist nous entraîne ici dans une histoire un peu particulière : Erik (je ne vous expliquerai pas exactement comment et pourquoi, il faudra lire pour cela) se forme peu à peu à devenir en guerrier redoutable. C'est je pense l'aspect le plus intéressant du livre. J'ai parfois d'ailleurs eu l'impression de me retrouver dans les Annales de la Compagnie noire, les pensées des guerriers étant souvent semblables face à la mort et à l'horreur.

Je dois avouer cependant que je n'ai pas encore tout compris. Il est encore une fois question des Seigneurs Valherus mais ayant lu les premiers tomes concernant Mikdémia il y a un certain temps, je n'ai pas réussi à tout relier ensemble... Peut-être cet été.

Un bon livre de fantasy, peut-être un peu lent et long, mais intéressant. Je retrouve encore une fois le défaut de cet auteur : certains passages peuvent être très longs, tandis que d'autres beaucoup trop rapides dans l'action. Mais l'attention portée au style de l'écriture comme à la psychologie des personnages font de ce roman un bon ouvrage fantastique et d'aventure.

 

Rendez-vous peut-être mardi pour "Je hais mon chien" (moi ce serait plutôt mon chat) de Charles Nemes.

20 avril 2009

Les chevaliers d'Emeraude t.1 : Le Feu dans le Ciel

Et oui, encore une nouvelle série de fantastique, mais cette fois canadienne (encore qu'elle n'est pas si nouvelle que ça). L'auteure se nomme Anne Robillard. L'histoire se situe encore une fois dans un monde fantastique. Cette fois pas de héros adolescent qui découvre un nouveau monde : le lecteur est directement projeté dans le monde à la suite des Chevaliers d'Emeraude. Ceux-ci sont de jeunes hommes et femme (7 dont une femme) élevés depuis la naissance pour protéger le continent d'Enkidiev de la menace de l'Empereur Noir qui l'a envahi quelques siècles auparavant, à coup de dragons et d'hommes-insectes.

9782749906256.gifCes 7 Chevaliers ont grandi ensemble, choisi pour leurs capacités magiques et leur intelligence. Wellan, chef de la bande, tombe amoureux de la reine de Shola, royaume légèrement exclus des autres, à cause d'une tentative d'invasion dans le passé (je simplifie...). Celle-ci ne fait qu'un bref passage à la cour d'Emeraude, retournant rapidement dans son royaume. Celui-ci est malheuresement attaqué de nouveau par l'Empereur Noir. Il n'y a aucun survivant dans l'attaque, y compris les dirigeants du royaume. Les chevaliers, alertés trop tard, sont chargés d'organiser la défense de tous les royaumes d'Enkidiev.

Et oui, encore un nouveau monde. Cette fois-ci il y a peu d'histoire de races : il y a certes des elfes et des fées, et des hommes insectes. Mais Anne Robillard joue surtout sur les paysages différents (climatologie très variable en fonction des royaumes) et sur les caractères des habitants (plus ou moins accueillant, en général plus que moins mais des fois moins quand même). Ce volume est de toute façon surtout une découverte du continent, les Chevaliers étant surtout occupés à prévenir tout le monde et à organiser la défense. Les amateurs de combat seront sûrement déçus.

La magie a également sa place dans toute l'histoire. Les Chevaliers l'utilisent pour se battre, impressionner ou effrayer, soigner aussi. Ils sont capables de lire dans les pensées et les sentiments, mais les elfes y sont beaucoup habiles : ces derniers ont ressenti la souffrance du peuple des Sholiens à leur agonie.

Une bonne introduction, qui se lit rapidement, écrite dans un style agréable. Un livre qui sans être extraordinaire, plaira à tous, garçons et filles.

 

Rendez-vous mardi pour "Trouble peine" d'Alain Loeb.

22 mars 2009

Les enfants de Hurin

Bizarrement, Tolkien après Virginia Woolf est reposant. Et l'histoire bien plus intéressante (pour moi en tout cas). Je dois en plus avouer que je la connaissais déjà : l'histoire des Enfants de Hurin est racontée dans le Silmarillion (dont je vous ai parlé ici), dans une version abrégée cependant.

9782267019650.gifTolkien nous raconte presque dans ce livre une véritable tragédie : le héros, Turin, fils de Hurin est le jouet d'un destin maudit. Hurin est un homme qui a combattu Morgoth, le méchant Valar (pour ceux qui ne suivraient pas, voir le Silmarillion, mais Morgoth a sous ses ordres Sauron, qui deviendra par la suite le Grand Méchant...). Hurin, donc, connaît le secret d'une ville elfique que Morgoth veut découvrir. Il est fait prisonnier mais il ne révèle pas ce qu'il sait. Morgoth le maudit alors, lui, sa femme et ses enfants Turin et Nienor. Il est également condamné à voir à travers les yeux de Morgoth tout la destinée de ses enfants, sans pouvoir interférer, bien sûr.

A partir de cette malédiction de départ, nous suivons les aventures de Turin le maudit (le fils de Hurin donc), qui à plusieurs moments de sa vie, subit cette malédiction au point de tuer ou de faire du mal à ses proches et à lui-même. Turin ne diffère pas réellement des autres personnages guerriers de Tolkien : il ressemble assez à un Aragorn ou à Beren. Deux différences cependant : il est sûr de lui et arrogant (son malheur ne lui a pas appris grand chose...) et le malheur le suit partout. Il subit plusieurs péripéties où il perd des amis, des parents (par sa faute ou provoqué par les serviteurs de Morgoth) jusqu'à sa mort.

Vous me direz : et Nienor ? En effet, l'histoire s'intitule bien Les Enfants de Hurin. Mais comme d'habitude, chez Tolkien, la femme reste secondaire. Elle a cependant sa part de malheur. Mais elle n'en est pas responsable, contrairement à Turin, qui parfois provoque le destin. Mais comme c'est surtout à la fin du livre, je ne vous en parlerai pas...

Le style de Tolkien est ici assez particulier. Dans Le Seigneur des Anneaux, le lecteur se sent assez proche des évènements : on suit l'histoire en direct et on est pris dans les évènements, dans le livre. Le Silmarillion prend, lui, une autre forme, plus distanciée, peut-être plus résumée : le lecteur passe d'un évènement à un autre, se sent pris dans une certaine mythologie. Pour Les Enfants de Hurin, les écrits de Tolkien se situent entre les deux : certes on est pris dans l'histoire, mais celle-ci semble issue d'un passé lointain et révolu.

Une histoire triste mais importante pour la compréhension du monde de Tolkien, parce que se situant à une époque charnière du Premier Age. Mais la fin étant réellement tragique et aux limites de nos tabous, je ne suis pas sûre qu'un film en sera tiré (bien que j'imagine bien un grand film dans la veine du Seigneur des Anneaux). Un dernier petit reproche : comme d'habitude, chez Tolkien, il faut s'accrocher pour suivre au niveau des personnages, entre les elfes, les rois de ceci, les anciens héros... etc. c'est toujours un peu trop compliqué pour moi. Mais c'est quand même bon à lire...

 

Rendez-vous demain pour "Effroyables Jardins" de Michel Quint.

09 mars 2009

La couronne des sept royaumes t.1 : Le complot des magiciens

9782290349977.gifEt voici le premier tome d'une nouvelle série fantastique offert par mon Zamoureux (merci !) et écrite par David B. Coe. Encore un nouveau monde fantastique à découvrir et à comprendre. Cette fois-ci, pas d'elfe ou de trolls, mais des Eandi (humains) et des Qirsi (sorte d'elfes très blanc, aux cheveux et yeux jaunes, dotés de divers pouvoirs). Les Qirsi ont autrefois tenté d'envahir les royaumes humains, mais défaits, ils se sont mis au service des hommes.

Ce livre est assez complexe au niveau de l'histoire : l'intrigue touche les sphères de pouvoir du royaume d'Eibithar. La royauté passe d'une famille de duc à une autre, selon un ordre établi et reconnu de tous, et en fonction des décès des dirigeants bien entendu. Il y a d'abord le duché de Galdasten, mais la famille ducale a été tuée par la pestilence (une maladie mortelle revenant de manière périodique dans le royaume). Ensuite le duché de Thorald, mais le jeune héritier se fait assassiner par des bandits. Le suivant dans l'ordre de succession est le duché de Curgh : le duc Javan est apte à prendre la royauté, mais son fils de 16 ans beaucoup moins. Il se nomme Tavis et lors de sa Révélation (une cérémonie magique où un jeune de 16 ans découvre son futur), il découvre que dans peu de temps il se trouvera en prison, ce qui le perturbe au point d'attaquer son meilleur ami...

Comme vous l'avez compris, l'intrigue principale est loin d'être simple. D'autant plus qu'en même temps, le lecteur suit un assassin au service Qirsis aux desseins assez troubles.

Mais avec ce livre, Davd B. Coe recrée encore une fois un univers fantastique très intéressant, peuplé de légendes et de mythes. Un fantastique où les pouvoirs des Qirsi sont divers, où les humains, comme d'habitude, ne sont aptes qu'à utiliser l'épée et à se chamailler pour le pouvoir. Mais un monde où encore une fois, tout n'est pas ni blanc ni noir, où chacun a le choix d'un camp plus ou moins bon. Un simple petit regret : comme dans la plupart des mondes fantastiques, les femmes n'ont ici le droit que de se faire tuer, d'être belle, d'épouser un homme qu'elles ne choisiront pas et de légèrement modérer leur mari lorsqu'ils ont trop bu...

Une bonne série de fantasy qui s'annonce, même si l'entrée dans l'histoire n'est pas forcément des plus faciles, et si la fin laisse plus que sur la faim...

 

Rendez-vous demain pour le tome 7 des Annales de la Compagnie Noire : Saisons funestes

24 décembre 2008

La Belgariade t.1 : Le Pion Blanc des Présages

9782266174657.gifCe livre de David Eddings m'a été conseillé par un de mes élèves, que je remercie vivement. Ecrit dans les années 1970, le cycle de la Belgariade s'inscrit dans ce que j'appellerai un cycle à la Tolkien : le lecteur se retrouve sur un monde fantastique (pas d'elfe, mais surtout des hommes et des méchants qui sont des sortes d'humains un peu étranges), monde fantastique bâti sur des légendes et des faits historiques, ces légendes ressurgissant d'un coup pour faire d'un personnage quelconque un héros formidable.

La querelle se joue également ici autour d'un objet de pouvoir : l'Orbe d'Aldur, créé justement par ce Dieu, mais volé et utilisé à mauvais escient par Torak. L'Orbe a été récupéré et confié à des gardiens. Sauf que des milliers d'années plus tard, cet orbe est de nouveau volé et Belgarath, un puissant sorcier presque immortel, se lance à la poursuite du voleur. Mais il part dans cette quête avec sa fille, sorcière également, Polgara, qui a en charge un adolescent de 15 ans, Garion. Garion part donc avec eux et va suivre quelques aventures, jusqu'au moment où il se rend compte qu'on lui cache certaines choses sur ses parents et sur son véritable rôle dans cette histoire.

Comme vous devez le pressentir, cette histoire est loin d'être simple et mon résumé n'est peut-être pas des plus clairs. Néanmoins, on sent à lire ce livre que l'auteur a créé un véritable monde qui risque de nous emmener loin dans l'aventure et le fantastique. Une histoire qui s'annonce longue, passionnante et plus facile à lire que Tolkien, mais tout aussi complexe.

David Eddings, "La Belgariade t.1 : Le Pion Blanc des Présages"

Pocket Fantasy, 348 p., 7,20 euros

Source : Fnac

20 décembre 2008

Les aventuriers de la mer t.1 : Le Vaisseau Magique

51HCJR6QJ5L._SL500_AA240_.jpgMe voici repartie dans l'univers de Robin Hobb, auteure ô combien prolifique et intéressante pour la Fantasy. Sauf que comme vous l'avez remarqué, il s'agit là encore d'une série, terminée certes, mais comprenant quand même neuf volumes. La bonne nouvelle est que cette série est directement reliée à celle de l'Assassin Royal, dont je vous ai déjà longuement parlé sur ce blog... tout n'est donc pas à redécouvrir, puisqu'il s'agit du même monde (même si on s'est légèrement déplacé dans la géographie), avec quelques personnages en commun.

Pour l'instant, le seul personnage que j'ai reconnu en commun avec l'Assassin Royal est Althéa. Elle est fille d'un capitaine de navire, a passé toute sa vie sur son bateau et n'imagine pas vivre ailleurs. Le Hic est qu'elle est une fille, non mariée, que son père est mourant, que sa soeur est mariée à un crétin qui se veut le capitaine du navire, et qu'elle n'a donc aucun droit à prétendre rester sur le navire.

Jusque là, il ne s'agit que d'une banale histoire d'héritage, que l'on pourrait retrouver dans n'importe quel livre en dehors de la Fantasy. Le fantastique apparaît cependant, comme d'habitude chez Robin Hobb, de manière presque naturelle et du coup insidieuse. Le titre en est d'abord un indice : le vaisseau magique en est réellement un puisqu'il s'agit d'une vivenef : construite en bois-sorcier, ce navire recueille à la mort de son capitaine sa vie, ses souvenirs, ses connaissances. La tête de proue devient vivante et réellement agissante à la mort du troisième capitaine. Bien entendu, dans ce livre, le navire d'Althéa prend vie, son père étant le troisième capitaine du vaisseau. Mais le seul problème de ces navires pensants et diablement plus efficaces que les autres est qu'ils ne se reconnaissent de loyauté qu'envers la famille des capitaines morts : il faut donc toujours un membre de la famille sur le bateau.

Un autre élément de Fantasy : la couverture (enfin, dans mon édition de France Loisirs, dont je ne retrouve pas la couverture...). On y aperçoit un serpent de mer. Enorme comme dans tous les récits de marin. Ici, ces serpents sont bien réels. Ils suivent les bateaux, notamment des esclavagistes. Et ils semblent détenir une forme de pensée.

D'autres petits indices se succèdent, par exemple la magie mise en place sur l'Ile des Autres, avec la Falaise, que l'on retrouve dans l'Assassin Royal. Egalement, les transes des prêtres de Sa... Enfin, comme d'habitude, Robin Hobb sait rester discrète, mais efficace et particulièrement cohérente. Ainsi, la légende du vaisseau maudit est-elle vraiment d'une logique imparable par rapport à tout ce qui est rapporté auparavant par les différents personnages.

Comme d'habitude, les personnages sont très travaillés. On retrouve une Althéa, rajeunie, mais fière et active, quoiqu'un peu gamine parfois. D'autres personnages sont attachants. Et les ententes et querelles liées à l'héritage sont particulièrement bien rendues. La grande différence avec l'Assassin Royal est que l'on ne suit pas  un seul personnages, mais plusieurs, avec des destins différents, et ne semblant pas toujours liés.

Néanmoins, comme dans tous les livres de Robin Hobb, on avance un peu trop lentement à mon goût... mais bon, vivement la suite quand même....

Robin Hobb, "Les Aventuriers de la Mer t.1 : Le Vaisseau Magique"

Editions France Loisirs, collection "Piment", 427 pages.

Source : Amazon

 

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