10 décembre 2009

Eon et le douzième dragon

Je me suis lancée dans le Prix littéraire des Blogueurs (premier prix que je fais de ma vie) en choisissant bien sûr la catégorie ado, ici intitulée Mauprat.

Et donc voici le premier livre que j'ai choisi de lire dans la sélection de ce prix littéraire, livre écrit par Alison Goodman.

 

9782710331445.jpgNous nous trouvons dans un pays imaginaire, à la croisée entre Chine et Japon, où 12 dragons sont vénérés pour leur pouvoir mis au service de la communauté. Chaque dragon se choisit un Oeil de dragon, homme chargé d'utiliser le pouvoir magique sur ordre de l'empereur.

Eon est candidat pour devenir Oeil de Dragon. Il s'agit en réalité d'Eona, une fille à la hanche brisée. Mais les femmes ne sont pas admises à cette fonction (elles ne sont pas admises à énormément de fonctions de toute façon). Eona cache donc son identité. C'est le Dragon du Rat qui choisit cette année un nouvel apprenti. Eona est-elle capable de s'en sortir ?

 

Dans un premier temps, je dois dire que l'univers créé par Alison Goodman est bien travaillé (probablement inspiré par certains peuples chinois). Eona vit dans un monde aux nombreuses légendes et coutumes, avec des codes particuliers (notamment à la cour impériale). Mais l'auteure présente les choses au fur et à mesure si bien que le dépaysement est total, mais compréhensible.

 

Par contre, il y a certains passages qui semblaient gros comme des maisons : bien sûr qu'Eona ne sera pas choisie par le Dragon du Rat, un autre dragon ne s'étant pas choisi d'apprenti depuis trois siècles... Je n'en dirais pas plus...

 

On retrouve aussi les divers poncifs propres à la littérature ado : l'absence de parents, la quête de soi, les rites initiatiques, la perte du guide spirituel... Je dis "poncif", mais l'auteure les intègre facilement au livre. Eona est également à la recherche d'alliés, voire d'amis, qu'elle trouve dans les personnages marginaux à la cour (un eunnuque et un travesti).

 

C'est Eona qui nous raconte son histoire ; plus facile ainsi d'expliquer ce qu'elle ressent avec le dragon. Le style est entraînant : je l'ai dévoré en une journée et demi.

Un bon livre de fantasy, qui malheureusement encore une fois, a une suite (bon normalement, un seul tome devrait suivre...)

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Les autres blogueurs du prix l'ayant lu : Hérisson

 

23 novembre 2009

Le chasseur noir

Michel Honaker nous amène à New York, de nos jours. La ville est le théâtre d'évènements étranges liés à la sorcellerie. Le maire est probablement mort à cause d'un envoutement, des gnomes se mettent au service de sorciers noirs, un personnage apparaît à l'Université, se disant professeur en "démonologie et traditions anciennes".

9782081205918FS.gifL'univers créé par l'auteur pourrait être fascinant. Malheureusement, le livre est trop court... beaucoup de pistes sont lancées, mais non approfondies. Quel passé possède Ebenezer Graymes ? Que sont les démons ? Quelle est cette confrérie de régulateurs de sorcellerie...? Trop d'idées pour une histoire en réalité très courte.

Un peu déçue, parce que ça aurait vraiment pu être mieux...

02 septembre 2009

Hésitation

9782012014930FS.gifTout juste fini, c'est vrai que ce troisième tome de Stephenie Meyer est bien plus intéressant que les deux autres. Pourquoi ?

  • évocation de légendes indiennes très bien fichues.
  • évocation des vies des autres vampires, permettant un réel questionnement de Bella sur sa "vocation" de vampire, sur ses aspirations actuelles face à ses aspirations futures (avoir des enfants par exemple, une vie "normale"...).

 

Par contre, on pourra encore une fois regretter que l'auteure soit tombée dans les grands classiques du genre, par exemple, Bella tombant amoureuse d'un vampire ET d'un loup-garou, ennemis, déjà que ce n'est pas assez compliqué... On a également droit aux sermons américains sur le mariage, les relations avant ou après... Bella reste quand même je trouve l'archétype de la pauvre petite fille qu'il faut protéger. Aucun rôle réel ne lui est concédé, si ce n'est de décider de devenir vampire ou non...

 

Après c'est une belle histoire d'amour, de questionnement pour des adolescentes en quête de romantisme. Les personnages sont tous très attirants, aimables, très manipulateurs pour certains, mais surtout très proches de notre vie.

 

Un petit regret encore : les relations d'amitié de Bella avec Alice ou Angela sont, je trouve, trop superficielles... Tout semble aller de soi.

 

Une lecture qui reste divertissante.

19 août 2009

La Dame pâle

9782070338085FS.gifEt oui du fantastique écrit par Alexandre Dumas et qui devrait plaire à nos ados puisqu'il est question de vampires.... Une nouvelle ou un petit roman mettant en scène une femme dans les Carpathes accueillie par une famille étrange et bientôt assaillie par un vampire.

Très bien écrit, intéressant. Et rapide !

18 juillet 2009

Fascination

Et oui, je n'en avais pas encore parlé mais il fallait bien que je lise ce succès de la littérature adolescente, écrit par Stephenie Meyer. Je dois dire que dans mon lycée, ce livre s'est arraché, et je n'ai réussi à l'attraper que pour ces vacances...

gf_image_ref_722-fd31a.jpgUne bonne histoire de vampire.... bien fournie pour ce qui est du romantisme adolescent. Bella vient de déménager dans une petite ville. Comme toutes les ados, elle craint de ne pas réussir à s'intégrer dans ce nouveau lycée. Mais elle rencontre un jeune homme surprenant, Edward : il est superbement beau, mais d'humeur très changeante avec elle. Qui est ce maginfique jeune homme qu'elle n'arrive pas à cerner ?

Donc le mythe du vampire revisité. Pas de grande nouveauté, si ce n'est que les vampires sont capables d'aimer. Mais le tout est entouré des grands thèmes plaisant à nos ados (es) : romantisme, prince charmant, bal de fin d'année... Une petite note pour la documentaliste que je suis : Bella lit, et de bons classiques en plus... peut-être de quoi inspirer quelques lectures bien placées...

Je vous mets la bande annonce du film qui est sorti il y a peu de temps (janvier 2009) au cas où vous y auriez échappé...

Plus d'infos sur ce film

Apparemment, ils font tout un foin sur la bataille entre Edward, le vampire copain de Bella, et James, le Traqueur obsessionnel... Dans le livre, on ne sait même pas comment ça s'est passé, l'histoire étant racontée par Bella... elle est légèrement évanouie à ce moment-là... En même temps, je n'ai pas encore vu le film, donc... je ne saurais me prononcer sur les adaptations d'Hollywood...

03 juin 2009

Journal d'une sorcière

9782020510837.gifUn très bon livre pour ados sur la manière dont la sorcellerie était perçue (ou inventée) au XVIIe siècle. L'auteur en est Celia Rees. La présentation de l'éditeur :

"Mars 1659. Suite à l'exécution publique de sa grand-mère, condamnée pour sorcellerie, Mary s'embarque pour le Nouveau Monde - l'Amérique - afin d'échapper au même triste destin. Un interminable voyage commence à bord de l'Annabel, voyage dangereux s'il en est pour la jeune Mary qui doit faire face aux regards méfiants et à l'austérité des colons puritains embarques à ses côtés. Promiscuité, découragement, superstition, mais aussi amitiés et amours naissantes font le quotidien de la jeune fille, livré à son journal. Dans un XVIIe siècle où fièvre religieuse et barbarie se croisent, où tout reste à découvrir, cette adolescente décidée, en recherche permanente de sa propre identité, dépassera ses craintes et les conventions sociales pour aller à la rencontre du monde, de l'autre et de la connaissance..."

Ce livre n'est absolument dans le genre fantastique de ce que l'on peut lire en ce moment, genre Harry Potter et compagnie. Il s'agit de se transporter au XVIIe siècle et de voir ce que les gens appelaient "sorcière", comment ils les démasquaient et les persécutaient.

Donc, très peu de magie dans ce livre. Mary nous parle seulement d'une vision, et de l'apparition de sa grand-mère sous la forme d'un lièvre. En réalité, les gens appellent "sorcières" tous ceux qui ne se soumettent pas, connaissent les simples, ou dépassent un peu de la norme.

Il s'agit donc plus ici d'un grand voyage de découverte d'un nouveau monde, d'un autre peuple (une tribu indienne) et de construction d'une nouvelle vie, avec la vision d'une adolescente qui doit se méfier et prendre garde à tout ce qu'elle dit. Une vision également sur la méchanceté des hommes et leur capacité limitée de compréhension (limitée par leur intérêt propre). Une présentation d'une pratique singulière de la religion à travers les puritains.

Un bon livre. Je pense vous parler bientôt des autres livres de Celia Rees....

 

Rendez-vous vendredi pour "Joyeux Noël" de Christian Carion.

25 mars 2009

Les cavaliers des Lumières t.1 : Le Règne de la Barbarie

Et encore une nouvelle série, très intéressante cependant au niveau des thèmes traités. Il y a deux auteurs pour ce livre : Brigitte Aubert, et Gisèle Cavali.

9782259207737FS.gifComme d'habitude pour cette littérature pour ado, les héros sont, je vous le donne en mille..., des ados. Ici, principalement une fille, Théo (diminutif de Théodora...). Cette ado a un léger problème : elle est accro à un jeu vidéo où elle joue un cavalier chargé de tuer les Barbarians.

Comme d'habitude pour cette littérature pour ado, l'adolescente en question possède une famille un peu particulière : sa mère est morte, renversée par une voiture. Elle ne vit donc qu'avec son père. (Je dis comme d'habitude, mais les ados dans cette littérature ont toujours quelque chose de particulier dans leur famille : orphelin, adopté, abandonné, trouvé...).

Pour en revenir à l'histoire, il se trouve que Théo est, avec quatre autres joueurs, presque arrivée au niveau final du jeu. Mais à ce moment, le jeu devient réalité : les Barbarians sont présents sur Terre, provoquent des catastrophes parfois meurtrières, et seule Théo peut les voir. Ils appartiennent en réalité à un autre monde, et pour une raison inconnue, ils s'en prennent aux proches de Théo...

Comme d'habitude dans cette littérature pour ado, on découvre le monde fantastique en même temps que l'héroïne. Et là je dois avouer que ce n'est pas plus mal, non pas que le monde en question soit complexe (il l'est, comme d'habitude avec des mots bizarres, des possibilités de magie, et des personnages nombreux et différents), mais surtout parce que ce monde est entouré d'une certaine idéologie que je ne suis pas encore sûre d'avoir compris : le Monde Glorieux est dépositaire du Verbe Unique : langage unique, garant d'une culture, d'un savoir, chose que les Barbarians détruisent en absorbant. Bon, comme ça, ça n'a pas l'air trop compliqué, mais dans le livre, c'est un peu alambiqué...

Autrement, il y a de l'idée : les addictions au jeu vidéo, le mal-vivre à l'adolescence, les rapports enfant-parent, le monde fantastique en lui-même... En outre ce volume ne nécessite pas forcément de lire la suite, l'histoire se terminant à la fin (en réalité, ce n'est pas vrai, mais quand on ne le sait pas, la suite n'est pas obligatoire)

Un bon livre, pas excellent mais lisible et détendant. Ce n'est pas seulement un ramassis des différents lieux communs en littérature ado (malgré ce que la construction de ce billet peut vous faire penser)

 

Rendez-vous après-demain pour "Les Hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë.

28 décembre 2008

Harry Potter et les Reliques de la Mort

Et oui je viens rajouter mon petit commentaire sur ce livre ô combien lu et commenté. Mais c'est avant tout pour remercier Aurore qui me l'a offert en français ( Merci beaucoup Aurore ! ). En même temps, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d'année, chose que je n'avais pas encore faite sur ce blog comme me l'a fait si bien remarquer Laurène et dont voici le blog (moi aussi, je renvoie la balle...)

9782070615377.gifComme la plupart d'entre vous l'ont probablement lu, je ne vais pas raconter l'histoire... (et pour les autres, vous n'avez qu'à le lire !)

Bon, la plupart des critiques que j'ai pu lire sur ce dernier tome trouve que la fin est un peu facile. Pour ma part, je trouve que la fin est des plus travaillées, dans la logique de tout ce que Rowling a pu faire jusqu'à maintenant. Par contre, comme dans tous les Harry Potter, le début est long à démarrer. Enfin ce n'est pas tout à fait cela : les premières péripéties sont très rapides à arriver mais aussi à retomber.

Néanmoins, Rowling a réussi à créer une ambiance noire dans ce livre, correspondant très bien au retour de Voldemort. Elle réussit encore une fois à nous éblouir par des révélations qui permettent de comprendre le reste de la série : sur Dumbledore, sur Rogue. On découvre Grindelwald, dont en fin de compte, on ne sait quand même pas grand chose.

Personnellement, je suis ressortie de ce livre contente que ce soit fini (plus de 800 pages... faut se les enfiler...) mais également contente que la série soit finie, et avec une belle fin...

En bonus, la bande-annonce du film "Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé" prévu pour juillet 2009

Plus d'infos sur ce film

Joanne Kathleen Rowling, "Harry Potter et les Reliques de la Mort"

Gallimard, collection "Folio Junior", 882 pages, 11 euros

Sources : Fnac, Allociné

15 novembre 2008

Tobie Lolness

Tobie Lolness habite dans un arbre... sauf que toute sa famille aussi, ainsi que tout son peuple. Ils ne mesurent que dans les 1 ou 2 millimètres et ne connaissent que la vie dans l'arbre, chaque branche étant colonisée par des quartiers entiers. Sauf que Tobie a 13 ans, et qu'il fuit. Pourquoi ? Vous ne le saurez pas tout de suite. Il est en danger de mort, poursuivi par des membres de son peuple, pas particulièrement gentils.

514HHJ6FZRL._SL500_AA240_.jpgEncore un bon livre pour adolescent (mais c'est encore une fois malheureusement une série, l'histoire étant loin d'être finie à la fin de ce tome intitulé "La Vie Suspendue"). Ecrit par Timothée de Fombelle, cette histoire crée encore un nouveau monde à découvrir, mais un monde qui pourrait ressembler à celui des Hobbits (en plus petit bien sûr) par la chaleur et l'impression de familiarité que dégage l'histoire de Tobbie. Si bien que l'on n'est que peu dépaysé. Même si l'univers décrit est microspique : on découvre les charançons, les dégats que peuvent causer les moustiques sur des petits êtres, les fourmis rouges qui servent de chiens de combat, ou les cochenilles.

L'histoire est construite de manière assez intéressante. On commence par une fuite éperdue, en découvrant petit à petit les évènements qui ont précédé. Et on en apprend juste assez à chaque fois pour comprendre les rencontres de Tobbie. Et la fin est encore plus intéressante puisque Tobie découvre un nouveau monde, celui de la prairie... mais je ne vous en dirai pas plus.

concours_15.pngPour ce qui est des personnages, Tobie est un jeune garçon bien élevé, courageux et rusé, mais sans plus de talent. Ses parents, dont je n'ai pas encore parlé, sont des gens biens. Son père, Sim Lolness, est professeur, et chercheur, et son principal objectif est la préservation de l'arbre. On retrouve ici le thème de la surexploitation et du gachis, l'arbre étant peu à peu victime de ses habitants trop nombreux et inconscients... L'auteur n'est pas trop manichéen dans la description de ses personnages : on retrouve à la fois des très méchants, ceux qui ne savent pas qu'ils font mal, ceux qui sont influencés...67631.gif

En résumé un livre très intéressant dont la suite est déjà sortie...

  • le site de Gallimard Jeunesse propose un concours, un résumé, des présentations de personnages et un extrait du livre à écouter

Timothée de Fombelle, "Tobie Lolness t.1 : La Vie Suspendue"

Editions Gallimard Jeunesse, 312 pages, 16 euros

Source : Amazon

11 novembre 2008

Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde

51vMeIfckGL._SL500_AA240_.jpgJe dois avouer que j'avais un peu de mal à caser ce livre avec la Fantasy... du coup j'ai recréé une catégorie rien que pour lui. Tout le monde connaît l'histoire écrite par Stevenson mais personnellement, je ne l'avais jamais lu écrit par lui. J'ai longtemps été fascinée par une bande dessinée parue dans une revue quelconque pour ado (je ne me souviens plus laquelle, probablement Okapi). Mais là j'ai décidé de lire la "vraie" version de l'histoire.

Je ne vais pas vous décrire l'histoire, vous la connaissez, je pense, tous. Néanmoins, le récit de Stevenson apporte une ambiance particulière à cette histoire, très british et très XIXe siècle pour le coup. L'histoire y gagne en mystère, avec la brume et les manières si guindées décrites par le narrateur.18782393.jpg

J'ai découvert un nouveau sens pour un mot dans ce livre (non pas que d'habitude, je n'en découvre pas, mais celui-ci m'a marqué) : une psyché, qui s'avère ici être un objet : un grand miroir mobile.

Bien entendu, cette histoire très répandue a inspiré de nombreux films. Parmi les plus récents on peut noter Mr Brooks, Fight Club, et de nombreux autres comportant dans le titre l'un ou l'autre des deux noms des personnages. Je ne résiste pas à vous joindre la vidéo de la transformation du docteur Jekyll dans un film muet de 1920 réalisé par John S. Robertson.

 

envoyé par imineo

Bien sûr les effets spéciaux ont bien changé. Mais ne fait-il pas peur quand même ?

Sur Allociné, les films concernant le personnage de Hulk sont reliés à ce mythe. N'ayant pas vu les films, ni lu les comics, je ne sais pas si Hulk est méchant. Est-ce qu'il ne sauve pas quelqu'un (genre une jolie blonde) à un moment ?

Robert Louis Stevenson, L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde

Poche, 155 p., 4,90 euros

Source : Amazon, Allociné.