28 octobre 2009
Sur la tête de la chèvre
Aranka Siegal nous raconte dans ce livre son histoire. Elle est une jeune hongroise, juive vivant ses 12-13 ans dans les années 1940. Vous imaginez de quoi va parler ce livre.
Piri (c'est ainsi qu'on nomme l'auteure dans le livre) a une grand-mère, Babi, profondément croyante et attachée à sa terre. Elle vit dans un petit village. La famille de Piri habite, elle, en ville. Son père est soldat et combat jusqu'à ce qu'il soit emprisonné en Russie. Sa mère, Rise, est une femme exceptionnelle. Elle réagit en conservant sa dignité tout en aidant les autres. Piri a également 5 autres soeurs, dont 4 plus agées, et un petit frère.
L'histoire commence au début des années 1940. Même si Babi, la grand-mère, sait bien que les Juifs sont toujours des boucs émissaires désignés, le gouvernement hongrois réussit à maintenir un semblant d'égalité entre les Juifs et les autres. Piri voit peu à peu la situation se dégrader : elle ne peut plus aller à l'école, elle ne sort qu'avec prudence, sa mère se déguise, une de ses soeurs est emmenée. Jusqu'au jour où les allemands arrivent et enferment les Juifs dans un ghetto avant de les emmener à Auschwitz (la fin de l'histoire est le départ du train vers Auschwitz).
L'auteure nous raconte son histoire de manière assez simple, sans grands effets d'émotion, en reprenant les évènements telle qu'elle a pu les vivre, avec ses questions : qu'est-ce qu'être juif ? Pourquoi nous et pas les autres ?
Un livre qui décrit aussi les conditions de vie des hongrois durant la guerre, notamment la dégradation de l'approvisionnement.
Un livre simple pour adolescent, qui n'est pas là pour choquer, mais pour montrer les évènements de la Shoah.
Un simple regret : je n'ai appris à la fin qu'il s'agissait d'une autobiographie. Et pour certaines personnes, nous ne savons pas si elles ont survécu, comment elles sont mortes, jusqu'où elles ont pu pousser leur survie...
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27 octobre 2009
Ce que j'étais
Dans la même collection que les Stephenie Meyer, Meg Rosoff nous entraîne dans un univers bien plus réel. La quatrième de couverture :
"J'ai un siècle. Mais mon esprit me ramène sans cesse à l'année de mes seize ans, lorsque j'ai découvert l'amour. J'avais déjà été renvoyé de deux pensionnats avant d'atterrir à Saint-Oswald, le pire endroit que j'avais pu voir jusque-là. Or, sans cette médiocre institution, je n'aurais jamais découvert cette hutte de pêcheurs coupée du monde. Sans elle, je n'aurais pas rencontré Finn. Sans Finn, vous ne seriez pas sur le point de lire mon récit."
Finn est un garçon vivant seul sur la plage, dans un cabanon ayant appartenu à sa grand-mère. Il se débrouille seul toute l'année, vivant des pêches et de petits travaux sur le marché. Le narrateur, alors adolescent, le rencontre par hasard, et tombe en admiration devant lui. Mais pour le voir, il est obligé de transgresser les règles de Saint-Oswald, et de préférence sans se faire prendre...
Que tirer de ce livre ? Je ne sais pas réellement. Il a au moins une portée dématérialiste : Finn vit avec le strict nécessaire, ce qu'apprécie le narrateur, bien qu'habitué lui-même au confort.
Il y a aussi quelque part (bien que cela soit faussé par la fin) une réflexion sur les préférences sexuelles, le narrateur tombant amoureux de Finn. Mais il n'est pas question de sexe, si ce n'est dans les rumeurs de l'île ou dans les enquêtes menées durant l'un des derniers chapitres par des adultes.
Peut-être aussi un questionnement autour de la différence, Finn et le narrateur étant totalement différents au niveau de leur comportement.
En résumé, pas un livre extraordinaire...
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En pleine nuit
Voici donc un livre de Robert Cormier, auteur notamment pour la littérature ado, qu'on m'a toujours décrit comme un écrivain dérangeant. C'est donc le premier livre de lui que je lis (il y en aura probablement un autre pendant les vacances de cet auteur)
Denny sait que la période d'Halloween est toujours une période de stress pour sa famille. Pourquoi ? Le téléphone sonne en plein milieu de la nuit, des lettres anonymes arrivent à la maison, les journalistes se pressent devant la porte.... Il y a 25 ans, son père a été mêlé à un accident qui a provoqué la mort d'enfants... Il n'a pas été considéré comme responsable par la justice, mais par les parents des enfants.... Denny récupère-t-il la responsabilité de ces morts ?
Et oui, il s'agit bien cette fois d'un livre dérangeant. Les questions de responsabilité sont de toute façon toujours dérangeantes. Surtout quand elles impliquent des enfants, et des médias.
Et Denny, un adolescent, est pris dans ce tourbillon. Il se découvre peu à peu. Il découvre également le sentiment de culpabilité de son père. Il découvre le désir, mais aussi la lâcheté.
En même temps que la vie de Denny, le lecteur suit les évènements qui ont immédiatement précédé et suivi l'accident à travers les yeux du père de Denny, mais aussi à travers les yeux du frère d'une des victimes.
Un livre qui reste dérangeant par certains aspects (la question de la mort par exemple), mais qui, il me semble, permet au héros-adolescent de s'élever. Et de mieux se connaître. Peut-être pareil pour le lecteur adolescent...
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25 octobre 2009
Mon amitié avec Tulipe
Le sous-titre est en fait le résumé de toute l'histoire écrite par Anne Fine : On ne naît pas méchant.
Nathalie a 8 ans. Elle arrive dans un nouveau village, suivant son père, gérant d'hôtel. Elle décide de devenir l'amie de Tulipe, une petite fille qui habite près de chez elle, mais qui n'a aucune amie à l'école. Ensemble, elles inventent des jeux insolents, font des bétises. Enfin, pas réellement ensemble, Tulipe commandant la plupart du temps.
Nathalie devient rapidement son esclave jusqu'au jour où elle décide de laisser Tulipe (ce ne sera pas avant le collège, 5 ou 6 ans plus tard).
Les questions posées par cette amitié sont nombreuses. Quelle place pour la responsabilité face à Tulipe ? Vaut-il mieux laisser Tulipe faire ses bétises et vivre sa vie de son côté ou rester avec elle en essayant de la raisonner ? Peut-on être amie par pitié ?
Les adultes ont ici aussi leur responsabilité. Bien que les parents de Nathalie ne souhaitent pas outre mesure que leur fille fréquente Tulipe, ils accueillent Tulipe pour faire une bonne action. Mais rien n'est réellement réalisé pour l'aider.
Bon, je pense que d'après mes propos un peu embrouillés, vous avez compris que c'est une histoire dérangeante. Dérangeante parce que Nathalie semble porter la responsabilité de l'échec de son amitié, dérangeante parce que les adultes sont encore une fois absents ou dans le mauvais rôle, dérangeante parce qu'elle met en avant le peu de réactivité de la plupart de nos systèmes...
16:55 Publié dans Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Vies de sorcières
Il y a quelques temps, je vous ai parlé du livre de Celia Rees, "Journal d'une Sorcière", racontant l'histoire d'une jeune anglaise arrivant au Nouveau Monde en pleine colonisation. En voici la suite.
Mary a dû fuire la colonie, accusée de sorcellerie par des gamines jalouses. Elle est recueillie par les Indiens qui habitaient dans les bois à proximité de la colonie. Elle se marie avec l'un d'entre eux, est initiée à l'art de la guérison et a deux enfants. Malheureusement, ce n'est pas la meilleure période pour les Indiens, et ceux-ci entrent en guerre contre les Anglais. Vous imaginez bien que la suite sera bien plus dramatique pour Mary.
Un bon livre sur les guerres indiennes, le problème également des épidémies qui ont dévasté les différentes tribues, ou bien celui de la conversion (encore qu'il n'est pas tant abordé ici). Un livre qui pose également la question de la légitimité des musées : de quel droit des restes humains ou des objets considérés comme sacrés sont-ils exposés à la vue de tous dans des musées ? Et je n'ai pas de réponse satisfaisante...
13:11 Publié dans Littérature ado, Livre sur fond historique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 octobre 2009
L'un des nôtres
Willa Cather nous entraîne aux Etats-Unis dans les années 1910. Claude Wheeler est le fils d'agriculteurs d'une ferme du Nébraska. Il ne sait pas encore réellement où est sa place. Il aimerait quitter son milieu, faire des études autres que théologiques, se faire un nom dans la société, et que quelque chose lui arrive. Mais son éducation, les circonstances familiales font qu'il reste agriculteur après avoir goûté à la bonne société.
Il se marie avec une jeune fille qu'il pensait aimer, mais la pudibonderie de celle-ci ne répond aucunement à ses besoins. En outre, Enyd part rejoindre sa soeur en Chine qui est missionnaire. Et la Première Guerre Mondiale commence, créant dans la tête de Claude une réflexion intense sur son avenir. Il part bien sûr pour l'Europe en 1918.
Un bon livre sur les Etats-Unis, une certaine mentalité peut-être, et les agriculteurs.
Surtout, il apporte un éclairage différent sur la manière de voir la Première Guerre Mondiale. Ici, à travers un océan. A travers les yeux de personnes dont les voisins sont parfois allemands. A travers les yeux d'un personnage qui cherche une façon de vivre.
Bon, je dois avouer que je l'ai trouvé un peu long. Certaines pistes ne sont pas explorées jusqu'au bout. Que devient Enyd, la femme de Claude ? Et celle que Claude aime réellement, Gladys Farmer ? Et peut-on vraiment se réaliser dans la guerre ?
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17 octobre 2009
Haveli
Au mois de juin dernier, je vous parlais d'un livre écrit par Suzanne Fisher Staples, intitulé Shabanu. Ce livre racontait l'histoire d'une fille du désert, entre le Pakistan et le Cholistan et de sa vie au milieu des chameaux et des problèmes familiaux liés à la pauvreté et aux conditions de mariage de Shabanu et sa soeur.
Haveli nous emmène cinq années après la fin de ce livre, qui se clôturait sur le mariage de Shabanu avec un seigneur local, âgé d'une soixantaine d'années. Donc, cinq ans plus tard, Shabanu a une fille, Mumtaz. Mais elle n'est que la quatrième épouse de Rahim, et doit donc se défendre des trois premières, toujours en recherche de pouvoir dans la maisonnée. En outre, Rahim n'a qu'un fils, Ahmed, un jeune homme aux nombreuses déficiences mentales et physiques. Et Zabo, la meilleure amie de Shabanu, a été choisie pour l'épouser. Shabanu essaie donc d'aider son amie à échapper à ce mariage. Mais elle doit en même temps protéger sa fille des autres femmes.
J'ai beaucoup d'élèves (des filles surtout) qui me demandent des livres sur des histoires vraies, des histoires de femmes de ce type, mettant aux prises une jeune fille se voulant libre et des hommes (et des femmes) attachées à des traditions. Et cette auteure, je pense, correspondrait tout à fait à leur demande. Elle leur permettrait également d'élargir leurs horizons, ici les traditions du Pakistan, loin des téléphones portables, de la télévision, de la mode (quoique, la mode est différente, certes, mais transparaît dans le livre).
Un bon livre sur un autre univers que le nôtre.
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14 octobre 2009
Mamie en miettes
Dans Mamie en miettes, de Florence Aubry, Gaëlle nous raconte l'histoire de l'accueil de sa grand-mère chez elle, après une fracture du col du fémur. Gaëlle vivait jusqu'alors seule avec sa mère. Et si l'accueil est dans un premier temps idéal, Gaëlle, sa mère et sa grand-mère formant une jolie famille, tout se gâte le jour où la mère de Gaëlle rencontre un homme.
Un récit impressionnant (en quelques pages pourtant : 60) sur la maltraitance des personnes âgées. La violence y est surtout psychologique, à la fin physique. En tout cas, l'auteure montre clairement les évènements mais sans excès.
Une nouvelle également sur l'écoute, Gaëlle se confiant à la mère d'une de ses camarades de classe.
Une conclusion des plus lucides.
17:07 Publié dans Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Tout doit disparaître
J'ai fini ce livre des éditions Thierry Magnier (j'aime beaucoup ces éditions) et je n'en reviens pas du nombre de thèmes abordés par Mikaël Ollivier, et souvent de manière plus que pertinente. Je vous mets le résumé de l'éditeur (et oui, je suis un peu faigniasse le matin....) :
"Hugo a suivi ses parents en poste pour quatre ans à Mayotte, petit bout de France perdu au cœur de l'océan Indien. Seul élève blanc de sa classe, il a du mal à s'adapter : les bidonvilles, la chaleur, la façon d'appréhender le monde, les relations amoureuses. Pourtant c'est au retour en métropole que le choc est le plus brutal. Frénésie des soldes, invasion des marques, publicités tapageuses et surconsommation... Au regard de ce qu'il a vécu sous les tropiques tout révolte Hugo et le dégoûte. Il entre en résistance."
Bon d'abord, le jeune Hugo est confronté à l'étranger, à ce qui est différent de soi, et dans lequel on ne se reconnaît pas, incarné ici par l'arrivée dans l'île de Mayotte. L'auteur nous décrit magnifiquement ce moment presque de panique, en tout cas de peur, de la part du personnage.
Hugo est également un ado, qui comme tous, découvre l'amour. Peut-être un peu tôt dans ce livre (14 ans) diront certains. Mais en découvrant l'amour, il prend conscience également des conséquences, sa "petite amie" tombant enceinte. Est évoqué alors la douloureuse réflexion autour de la responsabilité, de la prise de position ou non d'un adolescent.
Au retour en métropole, Hugo est encore plus déphasé. Il se cherche et se trouve enfin dans la lutte contre la société de consommation. Et là, la réflexion est poussée (je rappelle que c'est un livre pour ado) au point de dénoncer le téléphone portable, les marques, la télévision, la publicité (surtout la publicité d'ailleurs, pilier de cette société). Une vraie prise de conscience qu'il pourrait être intéressant de faire lire à certains de nos ados... si vous voyez ce que je veux dire. Et peut-être aussi à certains adultes (les parents de Hugo sont aussi pris dans l'engrenage de la consommation, l'exemple pris étant le désir de son père d'un 4X4, totalement inutile dans une banlieue résidentielle, mais tellement représentatif).
Occasion d'évoquer le commerce équitable, les associations anti-publicité, la décroissance (le mot est uniquement cité...)...
Ces réflexions sont étayées par des lectures, des références littéraires pouvant donner envie à nos lecteurs (peut-être) d'aller voir plus loin.
Enfin, je dois avouer que j'ai accroché aussi à cause d'un des personnages. Mikaël Ollivier a introduit le personnage du professeur documentaliste dans son livre, et ici, ce n'est pas un personnage anodin. Françoise, la documentaliste donc, apporte à Hugo des moyens de réfléchir, d'abord sur Mayotte, puis dans la métropole, en lui parlant, lui fournissant des références, des livres, des poémes et/ou réflexions. Un personnage clé dans l'histoire et je remercie l'auteur parce que c'est tellement rare de voir ce genre de personnages agir.... (mais là c'est totalement personnel).
Un livre que je risque donc fort de recommander aux élèves et professeurs.... et que je vous recommande à vous !
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12 octobre 2009
Les fables de l'Humpur
Ca y est, j'ai enfin fini ce livre de Pierre Bordage (commencé le 3 octobre...), que j'ai pensé être de la Fantasy au départ. Mais non, c'est bien de la science fiction.
Le résumé de l'éditeur :
"Dans le pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s'enfoncent inexorablement dans la régression animale.
Tous sont soumis par le clergé aux lois de l'Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre clans et les comportements individualistes
Parce qu'il ne supporte pas de voir la jeune Troïa livrée aux appétits collectifs des reproducteurs, Véhir brise les planches de l'enclos de fécondité et s'enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende... Lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice."
Pourquoi ai-je mis autant de temps ? D'abord, et c'est pour cela que j'ai pensé que ce livre était de la Fantasy, Pierre Bordage nous entraîne dans un monde étrange où les comportements animaux sont de règle même s'il reste des éléments de civilisation. Le langage existe mais est déformé et pas toujours aisé à comprendre. Si bien que j'ai recherché parfois tout ce qui pouvait se rattacher à notre monde.
L'histoire en elle-même est dense. On découvre petit à petit différentes races, différentes coutumes, différentes manières de vivre, qui permettent d'identifier des peuples divers. Mais leur origine n'est pas claire avant la fin.
Un roman que je trouve bien construit, mais qui manque peut-être un tout petit peu de rythme. De la science-fiction qui se cache et ne se laisse dévoiler qu'en toute fin de livre. Intéressant pour dérouter le lecteur...
16:52 Publié dans Science Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


