30 septembre 2009
Ennemis intimes
Et oui me revoici en pleine littérature adolescente avec ce livre de David Hill.
Je vous résume : Slade est nouveau au lycée de Green Harbour. Sa mère et son compagnon ne sont pas riches mais attentifs au bien-être du jeune homme. Celui-ci se heurte dès le jour de la rentrée à la pimbêche de service, Mallory Garner, jeune fille brillante et riche mais tête à claque.... Il ne peut pas la supporter, jusqu'au jour où tous deux éclatent de rire dans un couloir en se rendant compte de leurs inimités respectives. Cependant Mallory cache un secret assez lourd, en rapport avec des blessures sur les bras.
Un bon livre pour ado. Pas magnifiquement écrit mais correct et qui devrait plaire aux jeunes filles (de toute façon vu la couverture, il y a peu de chance qu'un garçon s'y essaie...). Il y est histoire d'amour, d'amitié (entre garçons surtout d'ailleurs), mais aussi d'auto mutilation et de pression des parents. Le sujet est, je trouve, facilement abordé (trop ?). Mais je dois avouer que je n'ai jamais lu de roman pour ados à ce propos.
Ce problème est décrit de l'extérieur à travers le regard de Slade, avec compassion. Mais l'auteur introduit également quelques notions intéressantes à ce sujet, montrant la charge émotionnelle induite chez les proches par ce type de comportement. Slade n'est pas le sauveur et il le dit très bien. Dans ce livre encore, les adultes interviennent dans l'univers des ados : la figure de la mère de Slade est très importante et porteuse de conseils, et d'actions.
En outre, ce n'est pas glauque. Seule la fin est peut-être un peu sanglante mais il faut bien montrer jusqu'où ces comportements peuvent mener (et encore pas trop loin...)
Encore une fois, c'est aussi l'occasion d'introduire des références littéraires pour donner envie de lire (bon, le seul problème c'est que ce sont des références américaines....)
Donc, un bon petit livre...
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28 septembre 2009
Le Louvetier : Gallica Livre 1
Bon, j'ai classé ce livre en Fantasy et Historique ce qui peut sembler un peu paradoxal. En fait, je pense que Henri Loevenbruck (l'auteur) est un historien refoulé doublé d'un amateur de Fantasy. Je vous explique.
La première page est constituée d'une carte de la France accompagnée de drôles de noms, la France étant nommée Gallica, le Duché de Bourgogne "duché de Burgon", les villes transformées également à partir de l'étymologie latine il me semble ("Lutès" pour Paris bien sûr). Et tout le livre est en fait constitué ainsi. Nous sommes en 1154, le roi se nomme Livain VII. Il a répudié sa femme Hélène de Quienne, grande protectrice des troubadours, celle-ci se remariant au roi de Brittia, Emmer de Capigesne. Tout ceci ne vous rappelle rien ?
Je dois dire que ce côté historique est légèrement agaçant puisqu'à tout moment on cherche à reconnaître dans les personnages nommés des personnages historiques, si bien qu'en fin de compte il aurait été plus simple de conserver les vrais patronymes.... J'ai failli arrêter ce livre en cours de route à pour cette raison.
Pourquoi ai-je continué ? Le côté fantastique est bien plus intéressant.
Nous suivons un jeune homme nommé Bohem. Il ne le sait pas encore mais il possède un grand pouvoir. Gallica est encore en partie peuplée de "Brumes", créatures légendaires telles que la licorne, les chimères, les vouivres. Mais ces créatures sont poursuivies par l'Eglise, vues comme des oeuvres du Diable. Les chasseurs des "Brumes" sont les louvetiers. Bohem est le fils de l'un d'entre eux. Mais il admire ces créatures et ne veut pas prendre la suite de son père.
Son village est attaqué un jour par de féroces guerriers et il comprend que c'est pour lui que l'on vient. Commence alors une fuite exaltante au cours de laquelle Bohem découvre son identité réelle ainsi que certains de ses pouvoirs.
Le côté fantastique est particulièrement original. Interviennent donc ces "Brumes", également des Druides, un inquiétant Merlin (ou "Homme Sauvage"). Tout une création fantastique (s'inspirant certes de légendes existantes) dont on ne connaît encore pas tous les tenants à la fin de ce volume (et oui il y a encore une suite....).
Originalité que je trouve gâchée par cette fantaisie de l'auteur de nous situer dans un contexte historique qui ne l'est pas.
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25 septembre 2009
Une petite note pour rire
Bon, j'ai trouvé ça juste en flanant sur le net. Je ne sais même plus comment je suis arrivée sur la Désencyclopédie mais j'ai trouvé cette définition du professeur documentaliste, un peu loufoque, mais aussi tellement vraie que j'avais envie de la mettre sur ce blog :
"Alors lui, il a vraiment beaucoup de mérite parce qu'il est très peu reconnu... même ici il n'a pas eu jusqu'alors sa place parmi les profs, c'est vous dire ! Que justice lui soit désormais rendue. Il trime pour enseigner aux élèves, entre autres nombreuses notions, que tout n'est pas fiable sur internet, enseignement "de salubrité publique" dont le prof de droit n'a pas l'exclusivité (de quel droit l'aurait-il ?...) ; il passe des heures à choisir soigneusement ses exemples, genre sites bien crémeux... et côté reconnaissance, que dalle ! Et après on s'étonne qu'il ronchonne... on le ferait à moins !
Le statut de professeur documentaliste est une spécificité française."
Pour une fois qu'il est fait mention du professeur documentaliste quelque part.... je ne pouvais pas le louper. Certains autres passages de cette définition concernant l'ensemble des profs sont assez drôles. Je vous mets l'adresse : http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Professeur. Juste parce que c'est le week-end et que même s'il y a un certain nombre de poncifs régulièrement publiés partout, l'approche reste drôle, un peu lourde mais sans être déplacée (je m'excuse pour les autres profs mais je dois avouer que je n'ai pas tout lu...)
21:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Sans raison particulière
Un livre de Yaël Hassan lu en 40 minutes. Serge a 17 ans. Durant les vacances d'été il rejoint une bande de néonazis, pour pouvoir mieux draguer la jolie Betty. A la rentrée, lors du témoignage d'un rescapé d'Auschwitz, il montre son T-shirt peint d'une croix gammée.
Bon, Yaël Hassan, ça se lit toujours vite, mais peut-être un peu trop vite. Beaucoup d'idées mais finalement, peu exploitées, en tout cas pas à fond. Un peu superficiel et facile pour la résolution...
18:21 Publié dans Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24 septembre 2009
L'Arbre aux haricots
Conseillé par ma nouvelle collègue (merci Julie !), ce livre de Barbara Kingsolver nous entraîne aux Etats-Unis dans un voyage à travers divers états : Kentucky, Oklahoma, Arizona.
Taylor, jeune femme, décide un jour de partir dans sa voiture, l'idée étant de rouler le plus loin possible. Dans l'Oklahoma, un drôle de cadeau lui est remis : un petit enfant vraisemblablement d'origine indienne. Elle ne connaît pas son nom, ni son âge, la petite fille ne parlant pas encore. Une nouvelle famille est fondée, ses seules possessions se limitant à cette voiture et à la bonne volonté de Taylor.
Ce livre est une vraie petite mine d'or. C'est d'abord une belle histoire de la maternité, de l'adoption, de l'amour mère-enfant en général. Taylor découvre bien des choses sur elle-même (et aussi sur la cruauté des autres) grâce à la petite "Turtle".
De nombreux problèmes de société sont également abordés, très présents aux Etats-Unis, mais retransposables à la France : l'immigration clandestine liée aux violences dans un pays, les réseaux de solidarité en découlant, les problèmes d'emploi, les adolescentes-mères.... Ces sujets sont présents en arrière-plan dans le livre ; ils interviennent de manière assez simple dans l'histoire, mais l'auteure est clairement engagée dans certains cas (et heureusement !).
Un livre qui a l'avantage de se lire assez vite. Certaines expressions employées sont assez rigolotes. Le style est léger, clair, distrayant. Les personnages attachants.
Un bon petit livre.... (il va falloir que je renouvelle mes expressions...)
21:56 Publié dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 septembre 2009
Notre petite vie cernée de rêves
Et oui, ça y est j'ai abandonné Les Bienveillantes. Trop long.
Du coup je me suis rattrapée sur un petit livre pour ados, bien moins long à lire (2 heures environ) écrit par Barbara Wersba.
Albert est un ado un peu paumé, se sentant différent des autres (des loisirs et des intérêts différents), solitaire, inquiétant sa mère par ses résultats scolaires. Il se dit "raté". Jusqu'au jour où il rencontre une vieille dame, Mme Woodfin, qui lui parle comme à un adulte, partage des
centres d'intérêt commun, mais voit la vie d'une manière différente, faisant peu cas de prétendus besoins matériels.
Une amitié entre un ado et une vieille femme, qui apporte son expérience pour aider un enfant un peu perdu, qui cherche à ressembler aux autres pour se fondre dans la masse.
Un livre également cousu de références littéraires : Shakespeare, Thoreau.... émaillent le récit de citations.
Des parents dépassés par un ado qu'ils ne comprennent plus, ou qui ne correspond pas à leurs rêves.
Un bon petit livre.
18:24 Publié dans Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16 septembre 2009
Re-Les Bienveillantes
Je n'ai toujours pas fini ce livre même si je ne vais pas tarder à abandonner (j'ai pas mal avancé ce week-end : page 423).
Pourquoi vais-je abandonner (probablement) ? Parce que ce livre commence à me lasser :
- Il parle, entre autres, de l'action des Einsatzgruppen puisque le narrateur est un SS. Mais le récit est froid, détaché, sans aucune émotion. La seule interrogation du narrateur est autour de l'effet psychologique sur les hommes des exécutions plus ou moins bien organisées et disciplinées.
- De nombreux termes allemands ne sont pas traduits, notamment autour des grades de la SS ou de diverses actions.... Si bien que je ne sais pas toujours de quoi l'on parle
- Les personnages rencontrés par le narrateur sont en quantité trop importantes pour ma mémoire.
- La narration est parfois longue : on passe d'une ville à une autre, sans savoir réellement où l'on est ni à quelle date (en gros on se repère aux saisons et à quelques faits marquants comme la chute de Stalingrad)
- En cette page 423, je sens que le narrateur va repartir dans une nouvelle étape horrible des exterminations, et je crois que je n'aurais pas le courage de relire ça.
Bon, le livre est quand même bien écrit et possède quelques passages croustillants. J'ai particulièrement apprécié le débat entre le narrateur et un commissaire du peuple soviétique sur les similitudes entre le nazisme et le "bolchévisme". Certaines analyses sont très intéressantes, et l'auteur développe une réflexion poussée sur de nombreux thèmes.
Mais c'est parfois beaucoup trop long...
18:53 Publié dans Littérature étrangère, Livre sur fond historique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13 septembre 2009
Un petit coucou depuis Les Bienveillantes
Je n'en suis qu'à la page 199 des Bienveillantes (sur environ 900)... Ne vous en faites pas je n'ai pas oublié le blog, mais entre les dodos et le boulot, en ce moment.... Peut-être rdv dans une semaine... (j'espère)
09:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 septembre 2009
Carrie
Conseillé par Guillemette, ce livre de Stephen King m'a plu et surtout énervée alors que je voulais dormir (maieuh....). Je l'ai trouvé moins horrible que le premier de Stephen King que j'ai lu (Misery) mais pas mal quand même.
Carrie est une jeune fille de 17 ans qui a servi de souffre-douleur toute sa vie. Différente des autres parce qu'élevée par un mère fanatique, elle se découvre un don pour faire voler les objets. Jusqu'au jour du bal de la promo où la moquerie de ses camarades est poussée trop loin et déclenche un cataclysme (et le mot n'est pas faible).
L'histoire est racontée sous forme d'extraits de livres des rescapés, d'interrogatoires tirés de l'enquête ayant suivi la catastrophe, et de discours narratifs suivant différents personnages de l'histoire. Un bon patchwork suffisamment bien monté pour que nous ne manquions aucun épisode de l'affaire. Mais qui je dois l'avouer alourdit parfois l'histoire.
Les thèmes abordés sont encore une fois intéressants pour les ados, même si profondément intégrés dans le système américain (ne serait-ce que l'idée du bal de promo). Tolérance, amitié, mais également vengeance, égoïsme...
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06 septembre 2009
Au rebond
Lu en vraiment pas très longtemps (je sais c'est pas français mais bon...), ce petit roman pour ado de Jean-Philippe Blondel est une petite mine d'or (comme d'habitude d'ailleurs pour cet auteur). "Au rebond", c'est l'histoire d'une solidarité particulière liée à l'amitié de deux ados.
Alex est en seconde. Il est "pote" avec Christian. Tous deux appartiennent à deux mondes différents : l'un habite une tour, l'autre une jolie maison bourgeoise. Mais ils partagent le basket et leur amitié. Jusqu'au moment où Christian ne vient plus au lycée. Alex est alors décidé par sa mère à intervenir, à "forcer le destin"...
Un bon livre pour ado pour plusieurs raisons :
- c'est un livre ancré totalement dans les préoccupations des ados : le lycée, les copines, les fêtes, le sport, l'apparence, l'argent.... Et en même temps, il pousse un peu plus loin puisque bizarrement, il y est question de lectures, de construction de personnalité, d'avenir...
- certes c'est Alex qui réalise le premier pas en se rendant chez Christian. Mais la majeure partie du travail est réalisée ensuite par sa mère. Pour une fois, c'est donc un livre pour ados où les parents ont un vrai rôle à jouer, même (et surtout) s'ils sont faillibles, en coopération avec les enfants.
- La description de la dépression de la mère de Christian est claire sans être glauque pour autant. Dans ce livre, l'auteur ne s'enfonce de toute façon pas dans les détails, mais nous fait comprendre rapidement chaque situation.
- S'il y a des sentiments dans ce roman (nouvelle ?), ce n'est pas non plus dégoulinant et reste accessible à garçons et filles...
- Les thèmes importants : la solidarité, l'amitié, la construction de soi, l'amour filial...
Vous l'avez compris, un petit livre que je recommande chaudement à tous ceux qui aiment la littérature ado... (et que je recommanderai à mes élèves bien sûr).
11:24 Publié dans Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


