30 juillet 2009

La place

9782070377220.jpgUn livre très court, lu en un peu plus de deux heures, écrit par Annie Ernaux. Celle-ci nous parle ici de son père, né paysan puis devenu ouvrier et enfin petit commerçant. Il est mort et c'est le moment pour elle de se souvenir de lui, de leur relation distante entre un homme né à la campagne et une fille qui réussit bien à l'école et aime les livres.

Un beau portrait, je trouve, même si la vie décrite est particulièrement simple. Un hommage, je pense surtout, de la part d'une fille qui a compris la vie de son père, ses manies et ses colères.

29 juillet 2009

La Voleuse de livres

Imaginez que la Mort soit un être pensant, compatissant et observant les hommes. Imaginez que la Mort suive la vie d'une petite Allemande à partir de 1939 et vous raconte les petits évènements de la vie de cette "Voleuse de livres". Voici la trame de ce magnifique livre de Markus Zusak, un livre conseillé par une autre prof de lettres que d'habitude (merci Marie-Rose).

get_photo.php?f=l-34352-960054420998178&dummy=20090609210634&l=100&t=lLiesel Meminger est une petite fille allemande placée chez Rosa et Hans en 1939 dans une petite ville proche de Münich. Elle est hantée par la mort brutale de son frère, dans le train qui les conduisait dans cette nouvelle famille... sa première rencontre avec la Mort, notre narratrice. Rosa, sa nouvelle maman, n'est pas spécialement caline mais elle aime Liesel à sa façon. Hans possède la patience et le regard pour se faire accepter de Liesel.

Liesel aime par-dessus tout les livres. Lorsqu'elle se saisit du premier, elle ne sait pas encore lire. Mais elle s'attache avec Hans à apprendre. Et chaque livre conquis est une victoire sur le nazisme, par sa compréhension des mots.

Qu'est-ce que ce livre a de spécial ?

  • d'abord cet attachement renouvelé au pouvoir des livres.
  • ensuite, la situation : l'auteur a choisi la vision d'une petite allemande non juive, vision peu courante dans la littérature. Néanmoins, c'est une petite allemande lucide, d'autant plus que ses parents adoptifs (et elle-même) cachent et soignent un Juif, alors que leur situation n'est pas des plus brillantes
  • enfin, le choix de la narration. Le point de vue de la Mort permet de resituer l'histoire dans son contexte : les morts Juifs dans les camps, les morts allemands dans les villes, .... tous les morts de la guerre, que la mort accueille également mais en distinguant certaines âmes des autres, par leur droiture, leur pureté. Une vision sereine de la Mort dans une période où mourir n'est vraiment pas un acte serein.

Dit comme ça, ce livre semble noir peut-être, mais ce n'est pas le cas. Il s'agit presque plus d'une éloge de la vie, dans le sens où la Mort  nous parle de tous les détails des vies, jusqu'au moment où elle vient prendre les âmes.

Un très bon livre, vraiment.

Globalia

Jean-Christophe Rufin imagine dans ce livre un monde futuriste à la HG. Wells ou à la Huxley. Globalia est un monde de liberté et de démocratie, mais également de sureté. Si bien que la liberté n'existe pas. En outre, la vie des hommes a été rallongée puisque leurs organes peuvent être remplacés, leur peau retendue... Les jeunes sont devenus rares et sont considérés comme des menaces dans un monde où tous ont plus de 60 ans.

9782070737291.jpgBaïkal fait justement parti de ces jeunes. Il a un eu plus de 20 ans. Son rêve : une vraie liberté. Il est en recherche des non-zones, lieu où la démocratie de Globalia n'existe pas, les lieux de démocratie étant isolés du reste du monde par des verrières. Baïkal est amoureux. Mais il est aussi considéré par les responsables comme un potentiel excellent "Nouvel Ennemi" afin de ranimer la peur dans le coeur des Globaliens.

Une bonne anticipation, qui part de la situation actuelle et imagine ce que le monde pourrait devenir. Ici, l'auteur part de ce constat : les politiques n'ont plus que très peu de pouvoir, par contre, les grands responsables économiques sont capables de tout diriger grâce à leurs influences notamment sur les médias et la communication en général (c'est grosso modo une vision de la situation aujourd'hui).

On retrouve dans ce monde des idées déjà rencontrées chez Wells ou Huxley : l'importance du livre, meilleur moyen de comprendre un monde disparu et des idées de liberté, la présence de contestataires mal vus du reste de la société, l'importance de l'éducation contrôlée, du suivi des naissances... le carcan social de ces nouvelles sociétés.

La clé de l'intérêt de ce livre est cependant dans l'évocation des sociétés existants dans les non-zones, sociétés de violence où l'appartenance à la tribu est essentielle  pour la survie. Mais où la liberté est vraie....

Le portrait de Dorian Gray

De retour de vacances...

Je n'avais encore jamais lu ce classique de la littérature anglaise, mais voilà c'est fait. Et je dois avouer que je suis un peu déçue.

9782253002888.jpgL'histoire : Dorian Gray est un superbe jeune homme de 20 ans, dont le peintre Basil Hallward réalise un portrait. Voyant le portrait, Dorian Gray réalise qu'il ne sera jamais plus aussi beau et innocent que sur cette peinture et souhaite (de manière spontanée, sans que cela soit un voeu réfléchi) que le portrait vieillisse à sa place. Il en sera ainsi et bien plus : Dorian Gray ne vieillit pas et le portrait porte également le poids des péchés de l'homme... il devient le reflet de son âme.

Pourquoi ai-je été déçue ? Je suis probablement (à coup sûr) un peu voyeuse, mais en fait, le portrait devient horrible par des actes de Dorian qui ne sont qu'évoqués dans le livre. On ne connaît que deux actes particulièrement mauvais de Dorian : le premier étant son abandon de Sybille, qui se suicide, puis le meurtre du peintre Basil. Entre les deux, Dorian est sensé être devenu odieux, mais nous n'avons que des rumeurs, des suggestions, rien de vraiment probant.... voilà ce qui m'a déçu.

Par contre, un très beau portrait psychologique de la paranoïa suite au meurtre...

Et surtout le personnage très intéressant de Lord Henry, qui le premier pervertit par la parole Dorian, et lui fait quitter l'innocence dans laquelle le jeune homme vit encore.

Un autre aspect du livre que j'ai apprécié est l'humour british et aristocrate dont font montre Lord Henry et quelques uns des aristocrates amis (ou non) de Dorian.

 

18 juillet 2009

Fascination

Et oui, je n'en avais pas encore parlé mais il fallait bien que je lise ce succès de la littérature adolescente, écrit par Stephenie Meyer. Je dois dire que dans mon lycée, ce livre s'est arraché, et je n'ai réussi à l'attraper que pour ces vacances...

gf_image_ref_722-fd31a.jpgUne bonne histoire de vampire.... bien fournie pour ce qui est du romantisme adolescent. Bella vient de déménager dans une petite ville. Comme toutes les ados, elle craint de ne pas réussir à s'intégrer dans ce nouveau lycée. Mais elle rencontre un jeune homme surprenant, Edward : il est superbement beau, mais d'humeur très changeante avec elle. Qui est ce maginfique jeune homme qu'elle n'arrive pas à cerner ?

Donc le mythe du vampire revisité. Pas de grande nouveauté, si ce n'est que les vampires sont capables d'aimer. Mais le tout est entouré des grands thèmes plaisant à nos ados (es) : romantisme, prince charmant, bal de fin d'année... Une petite note pour la documentaliste que je suis : Bella lit, et de bons classiques en plus... peut-être de quoi inspirer quelques lectures bien placées...

Je vous mets la bande annonce du film qui est sorti il y a peu de temps (janvier 2009) au cas où vous y auriez échappé...

Plus d'infos sur ce film

Apparemment, ils font tout un foin sur la bataille entre Edward, le vampire copain de Bella, et James, le Traqueur obsessionnel... Dans le livre, on ne sait même pas comment ça s'est passé, l'histoire étant racontée par Bella... elle est légèrement évanouie à ce moment-là... En même temps, je n'ai pas encore vu le film, donc... je ne saurais me prononcer sur les adaptations d'Hollywood...

17 juillet 2009

Pars vite et reviens tard

9782290349311.gifCrazyprof avait tout à fait raison quand elle me prédisait une bonne lecture avec cette enquête écrite par Fred Vargas. C'est le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg qui mène l'enquête : un homme singulier, se fiant en premier lieu à ses intuitions, et qui ici, sent une affaire de très loin.

Des 4 ont été peints sur certaines portes de Paris, laissant parfois une porte de libre. Hasard ? Artiste en mal de publicité ? Le commissaire sent quelque chose de louche derrière ces 4, jusqu'à un premier meurtre : la porte de la victime est la seule de l'immeuble à ne pas être peinte d'un 4 noir.

En même temps, un crieur se retrouve confronté à des messages plus qu'inhabituels, liés à la peste. Celle-ci est annoncée, pour dans peu de jours.

Mon premier Vargas, et un policier qui ne m'a pas déçu. L'auteur réussit à créer une intrigue qui tient la route tout en imaginant des crimes à facettes multiples. De nombreux personnages sont présentés, mais suffisamment pour que le lecteur réussisse à suivre. Les détails sont fouillés et l'on n'est pas ici dans une enquête à la "Expert" où tout se joue à des indices physiques. Ici, l'enquête est avant tout psychologique. Pourquoi la Peste ? Quels liens entre les meurtres ?...

Un bon policier, comme je n'en lis pas souvent... (faut dire que je n'en lis pas tant que ça...)

 

Petit break pendant la semaine et demie qui vient pour cause de vacances... Mais ne vous en faites pas, je lis pendant mes vacances...

14 juillet 2009

La symphonie des siècles t.1 : Rhapsody 1ère partie

Voici une nouvelle série de fantasy, appartenant à mon Zamoureux, écrite par Elizabeth Haydon. Encore une fois, l'édition a décidé de nous compliquer la vie puisque le nom général de la série est "La Symphonie des siècles", le titre de ce volume est "Rhapsody 1" (le seconde tome étant "Rhapsody 2").

jpg_rhapsody_1.jpgEncore un nouveau monde fantastique, plus ou moins médiéval, avec des peuplades aux noms bizarres : des humains, des Lirins (des bois, du ciel... des genres d'Elfes sans les oreilles pointues si j'ai bien compris... en tout cas très proches de la nature), des Firbolgs (géants monstrueux intelligents, mais pas très gentils), un démon, des prêtres.... Enfin, encore un monde intéressant fondé sur la magie utilisée grâce à la musique.

Rhapsody est une demie-Lirin. Ancienne prostituée, elle se forme à devenir un barde, puis une Baptistrelle, maîtrisant la magie à travers le chant, la connaissance des noms de chaque élément et de leurs mélodies associées. Magie pouvant guérir, aider aux récoltes, transformer certaines choses. Mais en tant qu'ancienne prostituée, un certain Michael Vent de Mort est à sa recherche pour user de ses services. Ne voulant lui obéir, elle s'enfuit et rencontre sur son chemin un assassin, qu'elle appelle Achmed, et son acolyteGrunthor, un demi-Firbolg. S'ensuit une grande aventure à travers la Terre et les siècles (et oui les siècles...)

Comme toute nouvelle série de Fantasy, il faut réussir à entrer dans un nouveau monde. Ici, beaucoup de bonnes idées, une grande réflexion sur la mythologie de ce monde, sur les pouvoirs magiques. Le tout arrosé de plaisanteries et d'humour noir liés à l'ancienne condition de Rhapsody.

Un bon petit fantastique, mais qui comme d'habitude, est conçu pour nous pousser à acheter la suite.... je veux savoir la suite !!!

 

13 juillet 2009

Les âmes grises

J'ai classé ce livre de Philippe Claudel dans la catégorie "policier", mais sans conviction. Il y a certes un meurtre et un semblant d'enquête qui parsème le livre, mais il ne s'agit pas d'un pur policier. C'est un livre qui m'a déçu et s'est racheté sur la fin.

2234056039.08.MZZZZZZZL'histoire débute par le meurtre d'une jolie petite fille en 1917. Le narrateur est une sorte de policier habitant une petite ville située près du front de la Première Guerre Mondiale (on y entend le canon...). Il nous raconte ce qu'il connaît de l'enquête à laquelle il a participé (plus ou moins). Jusque là cela ne semble pas trop mal. Le premier chapitre traite de la découverte du corps. Sauf qu'il faut ensuite attendre la page 109 pour retrouver ce corps et l'enquête... Entre-temps ? L'inspecteur nous raconte la vie de certains personnages de la ville qui ne semblent pas réellement liés au meurtre. Si bien qu'on s'ennuie à attendre que l'enquête commence réellement.

Et même après, certains évènements dans la vie de l'inspecteur font que pas grand chose se passe pour retrouver le meurtrier de la petite. Si bien qu'à la fin, désolée de vous le dire, mais on ne sait toujours rien...

Autrement, un bon livre sur ce que peut être l'attente à l'arrière de la guerre. L'attente du retour à une vie normale.

Pour résumer, c'est bien écrit mais j'ai trouvé ça très long... Mais il a quand même reçu le prix Renaudot, donc c'est qu'il a dû plaire à quelques-uns....

10 juillet 2009

Expiation

9782070355532.gifEncore un livre conseillé par ma colllègue de lettres (mais de toute façon, cet été, à part ce qu'elle me conseille, je ne vais pas lire grand chose parce que j'en ai un énorme tas...) Un livre assez particulier écrit par Ian McEwan, qui aurait pu m'ennuyer, vu les thèmes abordés, mais qui m'a beaucoup plus.

L'histoire générale : Briony a 13 ans. Elle surprend sa soeur, Cecilia, avec Robbie Turner, le fils de l'employé de maison. Sa cousine Lola est violée dans la même soirée et Briony dit reconnaître en Robbie le violeur. Elle s'en voudra toute sa vie des conséquences de ce témoignage sur lequel elle ne peut revenir.

Quatre parties composent ce livre :

  • La première partie, la plus longue, se situe en 1935. Elle narre la journée et la soirée précédant le viol de Lola. Chaque personnage est décrit psychologiquement de manière minutieuse, le narrateur abordant tour à tour le point de vue de chacun. On découvre ainsi une famille un peu particulière, guindée, bourgeoise, pleine de non-dits, presque pesante. Les personnages les mieux décrits sont Briony, sa soeur Cécilia, Robbie Turner, et la mère de Briony et Cécilia, Emily. Cette dernière est un peu particulière, recluse dans des migraines continues.
  • La seconde partie est consacrée à Robbie Turner. Nous sommes en 1940. Robbie est soldat, en France, durant la déroute de la retraite de Dunkerque. L'horreur des passages des avions au dessus des colonnes, des bombardements, de la déroute est décrite de manière très détaillée. Un récit peu commun. Robbie a été condamné pour le viol de Lola. Il se raccroche à l'amour de Cécilia pour continuer à marcher.
  • La troisième partie se situe environ à la même période. Mais nous suivons cette fois Briony, qui a désormais 18 ans et est stagiaire dans un hôpital à Londres. Elle tente d'"expier" pour ce témoignage. Elle découvre l'horreur des blessures le jour où reviennent de Dunkerque les premiers soldats évacués.
  • La quatrième partie est une sorte de conclusion se fondant sur la situation en 1999.

Pourquoi ai-je dit que les thèmes de ce livre auraient dû m'ennuyer ? En règle générale, les livres trop psychologiques me pèsent très rapidement. Mais il se passe suffisamment d'actions, le style est bon, et le fait d'adopter des points de vue différents pour chaque chapitre permet de renouveller l'intérêt du lecteur.

En ce qui concerne le traitement de certains passages de la Seconde Guerre Mondiale, je dois avouer que le peu de romans (ou d'autobiographies) que j'ai pu lire sur le sujet concernaient les camps de concentration. J'ai pu voir des films sur le Débarquement et autres grandes batailles mais jamais de roman. La description de la déroute de Dunkerque est ici très efficace : en deux pages, l'auteur réussit à nous montrer l'horreur de la situation, simplement par la description d'une jambe d'enfant dans un arbre. Et la description du travail de Briony dans le cadre de l'hôpital est évocateur des dommages causés aux corps.

Ce livre est aussi le moment pour Ian McEwan de réfléchir sur le pourquoi d'une oeuvre. En effet, la quatrième partie place Briony en tant qu'écrivaine du roman, écrit donc pour révéler, expier, et surtout rappeler une histoire d'amour qui n'a pas été détruite par la guerre ou les mensonges d'une petite fille. Ce n'est pas le seul moment où une réflexion sur le travail d'écriture est évoquée. Briony rêve en effet d'être écrivain et écrit, ce qui entraîne de nombreuses questions dans le livre sur le comment et le pourquoi de l'écriture.

Un film a apparemment été tiré de ce livre, sous le titre de "Reviens-moi", réalisé par Joe Wright. Ce qu'il vaut, je n'en ai aucune idée. Mais je vous mets la bande-annonce. A première vue, il semble plus concentré sur l'histoire d'amour entre Cécilia et Robbie que dans le livre.

Plus d'infos sur ce film

08 juillet 2009

Une vie

Et oui, du classique, du Maupassant (je vous préviens, je n'ai rien lu ou presque de Maupassant, donc vous allez y avoir droit cet été...).

9782070410842.gifLe titre résume l'histoire : la vie de Jeanne, à partir de ses 16 ans (un âge intéressant pour Maupassant apparemment, avant.... pas grand chose à dire !). Jeanne sort du couvent où elle était enfermée pour son instruction. Elle espère dans la vie. Ses parents sont aimants, riches et ne veulent que son bonheur, la laissant vivre à sa guise. A partir de là, Maupassant joue à détruire la vie de Jeanne : mariage raté, ruine, déshonneur....

Maupassant se moque ici du mariage bourgeois, unissant deux êtres qui ne se connaissent absolument pas. D'autant plus que la jeune fille est tout ce qu'il y a de plus innocent, et ne comprend pas grand chose de ce qui lui arrive la nuit de noces.... Enfin, un livre qui peut se lire de deux façons différentes : dramatique (pauvre Jeanne, comme je la plains, que va-t-il lui arriver...) ou comique en attendant chaque nouvel évènement qui la détruit un peu plus (bon, là c'est moins facile, dans la mesure où Maupassant n'abuse pas trop non plus)

Un bon petit roman, un peu long dans certaines descriptions, mais qui se laisse lire. La fin m'a légèrement déçue.

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