30 mars 2009
Ulysse from Bagdad
Le premier Eric-Emmanuel Schmitt que je lis. Et sûrement pas le dernier... (conseillé par Laurène ici)
Dans Ulysse from Bagdad, l'auteur nous raconte l'histoire de Saad Saad né en Irak par malchance... Après la chute de Saddam Hussein, le pays devient invivable (encore plus qu'avant : Saad Saad perd son père, ses beaux-frères, une nièce, une fiancée...). Il ne peut plus nourrir sa famille : sa mère, ses soeurs et leurs enfants. Il décide donc de partir en Angleterre. Commence alors un long voyage de clandestin, empreint d'humiliations, mais aussi d'humanité et d'amitié.
Le thème d'Ulysse revient continuellement dans le récit de Saad Saad, et dans ses conversations avec son père mort. On retrouve l'idée de "Personne" ou les Sirènes (qui en cette occasion n'envoutent pas mais assourdissent). Peut-être intéressant à décortiquer avec des élèves connaissant déjà le mythe...
Un bon livre qui nous repose la question du clandestin et de manière tout à fait pertinente et complète. Que sont nos frontières sinon des moyens d'exclure ? A quoi devons-nous la chance de vivre en Occident ? Avons-nous plus de mérite que le clandestin courageux et intelligent qui risque sa vie pour trouver une vie meilleure ?
Au-delà de ces questions autour des clandestins, Eric-Emmanuel Schmitt avance de nombreuses réflexions sur notre monde occidental. La devise française "Liberté, égalité, fraternité" n'exclut-elle pas ? Pour être frère, il faut se définir contre les autres... Nos administrations sclérosées ne sont-elles pas pires que les pires tyrans, sans aucune humanité, avec une froide logique... Et pour ce qui est de l'indifférence que nous pouvons montrer...
Un livre que je trouve vraiment intéressant sur le plan de la réflexion sur notre humanité...
Rendez-vous mercredi pour "Qui touche à mon corps je le tue" de Valentine Goby.
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27 mars 2009
Les Hauts de Hurle-Vent
Et oui, je me suis encore attaquée à un classique de la littérature anglophone, mais avec cette fois beaucoup plus de succès. Emily Brontë a réussi à bien mieux m'accrocher que Virginia Woolf.
Il faut dire que l'histoire en elle-même est davantage mouvementée (enfin, ce n'est pas tout à fait le mot que je cherche, mais disons qu'on ne suit pas plusieurs personnages sur une seule journée). Ici, l'histoire se déroule sur plusieurs années (une trentaine environ) et raconte notamment l'histoire de la vengeance du dénommé Heathcliff pour tout le mal qu'on lui a prétendument fait : recueilli par Mr Earnshaw, mais rejeté à la mort de celui-ci par son frère par adoption (Hindley), Heathcliff est amoureux de sa soeur par adoption, Catherine. Celle-ci décide d'épouser Edouard Linton. Heathcliff décide de se venger, notamment sur la fille de Catherine (qui s'appelle également Catherine) et sur le fils de Hindley. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid...
L'histoire de cette vengeance nous tient en haleine tout au long du livre. En effet Emily Brontë a la bonne idée de partir d'une situation présente pour partir dans le passé : Catherine (fille de Catherine et d'Edouard) se nomme désormais Heathcliff, habite chez Mr Heathcliff aux Hauts de Hurle-Vent, semblant être la veuve du fils de Heathcliff, et détestée par ce dernier. Cette situation nous est donnée à travers le locataire de Mr Heathcliff qui se fait ensuite raconter toutes les péripéties des familles Linton, Heathcliff et Earnshaw, par Nelly, la femme de chambre. Celle-ci remonte presque trente en arrière pour expliquer la haine de Heathcliff. (J'espère que vous comprenez tout ce que j'écris)
Le plus intrigant dans ce livre est qu'il est très daté (la position des femmes par exemple, ou le rapport maître-serviteur) et en même temps, semble très proche de nous. La haine qu'il décrit est peut-être de celle qui semble en dehors du temps, toujours d'actualité encore aujourd'hui.
Et un bon roman de lu...
Rendez-vous dans trois jours pour "Ulysse from Bagdad" d'Eric-Emmanuel Schmitt.
20:19 Publié dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25 mars 2009
Les cavaliers des Lumières t.1 : Le Règne de la Barbarie
Et encore une nouvelle série, très intéressante cependant au niveau des thèmes traités. Il y a deux auteurs pour ce livre : Brigitte Aubert, et Gisèle Cavali.
Comme d'habitude pour cette littérature pour ado, les héros sont, je vous le donne en mille..., des ados. Ici, principalement une fille, Théo (diminutif de Théodora...). Cette ado a un léger problème : elle est accro à un jeu vidéo où elle joue un cavalier chargé de tuer les Barbarians.
Comme d'habitude pour cette littérature pour ado, l'adolescente en question possède une famille un peu particulière : sa mère est morte, renversée par une voiture. Elle ne vit donc qu'avec son père. (Je dis comme d'habitude, mais les ados dans cette littérature ont toujours quelque chose de particulier dans leur famille : orphelin, adopté, abandonné, trouvé...).
Pour en revenir à l'histoire, il se trouve que Théo est, avec quatre autres joueurs, presque arrivée au niveau final du jeu. Mais à ce moment, le jeu devient réalité : les Barbarians sont présents sur Terre, provoquent des catastrophes parfois meurtrières, et seule Théo peut les voir. Ils appartiennent en réalité à un autre monde, et pour une raison inconnue, ils s'en prennent aux proches de Théo...
Comme d'habitude dans cette littérature pour ado, on découvre le monde fantastique en même temps que l'héroïne. Et là je dois avouer que ce n'est pas plus mal, non pas que le monde en question soit complexe (il l'est, comme d'habitude avec des mots bizarres, des possibilités de magie, et des personnages nombreux et différents), mais surtout parce que ce monde est entouré d'une certaine idéologie que je ne suis pas encore sûre d'avoir compris : le Monde Glorieux est dépositaire du Verbe Unique : langage unique, garant d'une culture, d'un savoir, chose que les Barbarians détruisent en absorbant. Bon, comme ça, ça n'a pas l'air trop compliqué, mais dans le livre, c'est un peu alambiqué...
Autrement, il y a de l'idée : les addictions au jeu vidéo, le mal-vivre à l'adolescence, les rapports enfant-parent, le monde fantastique en lui-même... En outre ce volume ne nécessite pas forcément de lire la suite, l'histoire se terminant à la fin (en réalité, ce n'est pas vrai, mais quand on ne le sait pas, la suite n'est pas obligatoire)
Un bon livre, pas excellent mais lisible et détendant. Ce n'est pas seulement un ramassis des différents lieux communs en littérature ado (malgré ce que la construction de ce billet peut vous faire penser)
Rendez-vous après-demain pour "Les Hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë.
07:20 Publié dans Fantastique, Littérature ado | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23 mars 2009
Effroyables jardins
Encore une fois conseillé par une prof de lettres (toujours la même), ce petit roman de Michel Quint nous ramène à la Seconde Guerre Mondiale. Le narrateur part d'un fait récent, le procès de Maurice Papon, pour expliquer l'engagement de son père. Celui-ci se déguise en clown dès qu'il a un moment de libre, et son fils, jeune, ne le comprend pas. Jusqu'au jour où l'oncle Gaston lui explique que c'est pour rendre hommage à la vie, à l'homme. Hommage à la dignité.
Un très beau petit livre, très simple, expliquant en peu de mots ce qu'est l'engagement, la Résistance. Je dois avouer que je l'ai trouvé un peu trop court. Néanmoins, l'intérêt est dans sa simplicité. Il n'y a pas de héros, juste des personnes dignes. Et une guerre qui détruit beaucoup. Avec des souvenirs horribles que l'on conserve dans son jardin.
En prime la bande-annonce du film sorti en 2003 (je ne sais absolument pas ce qu'il vaut par rapport au livre... à vous de me le dire)
Rendez-vous après-demain pour le tome 1 des Cavaliers de la Lumière intitulé "Le règne de la barbarie" par Aubert et Cavali.
07:15 Publié dans Livre sur fond historique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 mars 2009
Les enfants de Hurin
Bizarrement, Tolkien après Virginia Woolf est reposant. Et l'histoire bien plus intéressante (pour moi en tout cas). Je dois en plus avouer que je la connaissais déjà : l'histoire des Enfants de Hurin est racontée dans le Silmarillion (dont je vous ai parlé ici), dans une version abrégée cependant.
Tolkien nous raconte presque dans ce livre une véritable tragédie : le héros, Turin, fils de Hurin est le jouet d'un destin maudit. Hurin est un homme qui a combattu Morgoth, le méchant Valar (pour ceux qui ne suivraient pas, voir le Silmarillion, mais Morgoth a sous ses ordres Sauron, qui deviendra par la suite le Grand Méchant...). Hurin, donc, connaît le secret d'une ville elfique que Morgoth veut découvrir. Il est fait prisonnier mais il ne révèle pas ce qu'il sait. Morgoth le maudit alors, lui, sa femme et ses enfants Turin et Nienor. Il est également condamné à voir à travers les yeux de Morgoth tout la destinée de ses enfants, sans pouvoir interférer, bien sûr.
A partir de cette malédiction de départ, nous suivons les aventures de Turin le maudit (le fils de Hurin donc), qui à plusieurs moments de sa vie, subit cette malédiction au point de tuer ou de faire du mal à ses proches et à lui-même. Turin ne diffère pas réellement des autres personnages guerriers de Tolkien : il ressemble assez à un Aragorn ou à Beren. Deux différences cependant : il est sûr de lui et arrogant (son malheur ne lui a pas appris grand chose...) et le malheur le suit partout. Il subit plusieurs péripéties où il perd des amis, des parents (par sa faute ou provoqué par les serviteurs de Morgoth) jusqu'à sa mort.
Vous me direz : et Nienor ? En effet, l'histoire s'intitule bien Les Enfants de Hurin. Mais comme d'habitude, chez Tolkien, la femme reste secondaire. Elle a cependant sa part de malheur. Mais elle n'en est pas responsable, contrairement à Turin, qui parfois provoque le destin. Mais comme c'est surtout à la fin du livre, je ne vous en parlerai pas...
Le style de Tolkien est ici assez particulier. Dans Le Seigneur des Anneaux, le lecteur se sent assez proche des évènements : on suit l'histoire en direct et on est pris dans les évènements, dans le livre. Le Silmarillion prend, lui, une autre forme, plus distanciée, peut-être plus résumée : le lecteur passe d'un évènement à un autre, se sent pris dans une certaine mythologie. Pour Les Enfants de Hurin, les écrits de Tolkien se situent entre les deux : certes on est pris dans l'histoire, mais celle-ci semble issue d'un passé lointain et révolu.
Une histoire triste mais importante pour la compréhension du monde de Tolkien, parce que se situant à une époque charnière du Premier Age. Mais la fin étant réellement tragique et aux limites de nos tabous, je ne suis pas sûre qu'un film en sera tiré (bien que j'imagine bien un grand film dans la veine du Seigneur des Anneaux). Un dernier petit reproche : comme d'habitude, chez Tolkien, il faut s'accrocher pour suivre au niveau des personnages, entre les elfes, les rois de ceci, les anciens héros... etc. c'est toujours un peu trop compliqué pour moi. Mais c'est quand même bon à lire...
Rendez-vous demain pour "Effroyables Jardins" de Michel Quint.
07:28 Publié dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16 mars 2009
Mrs Dalloway
Bon comme l'avait prophétisé Crazyprof et comme vous pouvez le constater, j'ai mis énormément de temps à lire ce livre de Virginia Woolf... Une semaine au moins pour 260 pages... c'est vraiment trop long.
Bon je n'ai pas du tout accroché. J'avais choisi ce livre après avoir vu le film The Hours (merci Aurore) qui s'inspire en théorie directement de Mrs Dalloway, et qui y fait plus qu'allusion... Bon ce film est très bien mais à ne pas regarder un jour de déprime...
Donc je m'étais dit que Mrs Dalloway pouvait aussi être un bon livre. Une véritable erreur. J'imagine qu'il a des qualités littéraires reconnues... Mais la forme du récit ne m'a pas plus. On commence par suivre Clarissa Dalloway qui se prépare à une soirée. Sauf que très rapidement on nous parle de personnes, sans savoir de qui il s'agit ; on nous raconte l'histoire de Mrs Dalloway, de la femme qu'elle croise, de son ami parti en Inde... Pour moi, il n'y avait ni queue ni tête. Peu ou pas d'intérêt. Il ne se passe rien pendant toute la journée, si ce n'est le suicide d'un rescapé de la guerre de 1914-1918. C'est en fait la seule idée du livre que j'ai trouvé intéressante : je n'ai jamais beaucoup lu de livres sur les rescapés de la Grande Guerre...
L'intérêt de ce livre est théoriquement l'introspection de Clarissa et de la plupart des autres personnages. Sauf que dans cette introspection, aucune ne se dit réellement la vérité. Donc, à quoi bon ?
Bon pour conclure, pas réellement très intéressant. Peut-être un autre du même auteur serait meilleur ? A voir...
Rendez-vous dans six jours pour "Les enfants de Hurin" de Tolkien (je me donne de la marge cette fois pour ne pas être en retard...)
20:34 Publié dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 mars 2009
Les Annales de la Compagnie noire t.7 : Saisons funestes
Et merci à Claude pour cette suite des Annales de la Compagnie noire... et oui encore je suis encore et toujours dans cette série fantastique (et il reste encore quelques tomes, mais ils ne sont pas encore sortis en poche...)
Saisons funeste est, je dois l'avouer, un tome bien particulier dans cette série de Glen Cook. Il possède une construction particulièrement complexe (les autres volumes ne sont déjà pas toujours faciles à suivre, alors imaginez celui-ci). En effet, le narrateur, Murgen, passe d'une période de son histoire à une autre de manière assez inopinée : il est sous le coup d'un sortilège qui lui fait faire des bonds dans le passé...
En outre, l'intrigue n'est pas la suite du tome 6 mais se déroule simultanément au tome 5 et avance un peu sur l'histoire. Murgen nous raconte en effet son point de vue : le tome 5, c'est le point de vue de Madame, qui se bat de son côté ; tandis que Murgen est coiné dans Dejagore, cité assiégée par Tisse-Ombre. Et il n'est pas coincé tout seul, mais avec notamment Mogaba, qui veut devenir chef de la Compagnie noire, mais possède un appétit des plus particuliers mais très utile lors d'un siège : le cannibalisme...
Donc Murgen nous raconte ce siège qu'il décrit comme l'enfer... Sauf qu'il s'agit en réalité d'un retour dans le passé : le siège est terminé depuis un petit moment déjà et la Compagnie noire est désormais réunie contre les maîtres d'Ombres, Mogaba ayant rejoint ces derniers... et les problèmes sont aussi nombreux à ce moment.
Comme vous l'avez compris, une histoire assez complexe... mais si intéressante et prenante...
Rendez-vous dans 2 jours pour "Mrs Dalloway" de Virginia Woolf (si je réussis à le lire... et j'ai un peu de mal pour le coup...)
07:16 Publié dans Fantasy noire | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09 mars 2009
La couronne des sept royaumes t.1 : Le complot des magiciens
Et voici le premier tome d'une nouvelle série fantastique offert par mon Zamoureux (merci !) et écrite par David B. Coe. Encore un nouveau monde fantastique à découvrir et à comprendre. Cette fois-ci, pas d'elfe ou de trolls, mais des Eandi (humains) et des Qirsi (sorte d'elfes très blanc, aux cheveux et yeux jaunes, dotés de divers pouvoirs). Les Qirsi ont autrefois tenté d'envahir les royaumes humains, mais défaits, ils se sont mis au service des hommes.
Ce livre est assez complexe au niveau de l'histoire : l'intrigue touche les sphères de pouvoir du royaume d'Eibithar. La royauté passe d'une famille de duc à une autre, selon un ordre établi et reconnu de tous, et en fonction des décès des dirigeants bien entendu. Il y a d'abord le duché de Galdasten, mais la famille ducale a été tuée par la pestilence (une maladie mortelle revenant de manière périodique dans le royaume). Ensuite le duché de Thorald, mais le jeune héritier se fait assassiner par des bandits. Le suivant dans l'ordre de succession est le duché de Curgh : le duc Javan est apte à prendre la royauté, mais son fils de 16 ans beaucoup moins. Il se nomme Tavis et lors de sa Révélation (une cérémonie magique où un jeune de 16 ans découvre son futur), il découvre que dans peu de temps il se trouvera en prison, ce qui le perturbe au point d'attaquer son meilleur ami...
Comme vous l'avez compris, l'intrigue principale est loin d'être simple. D'autant plus qu'en même temps, le lecteur suit un assassin au service Qirsis aux desseins assez troubles.
Mais avec ce livre, Davd B. Coe recrée encore une fois un univers fantastique très intéressant, peuplé de légendes et de mythes. Un fantastique où les pouvoirs des Qirsi sont divers, où les humains, comme d'habitude, ne sont aptes qu'à utiliser l'épée et à se chamailler pour le pouvoir. Mais un monde où encore une fois, tout n'est pas ni blanc ni noir, où chacun a le choix d'un camp plus ou moins bon. Un simple petit regret : comme dans la plupart des mondes fantastiques, les femmes n'ont ici le droit que de se faire tuer, d'être belle, d'épouser un homme qu'elles ne choisiront pas et de légèrement modérer leur mari lorsqu'ils ont trop bu...
Une bonne série de fantasy qui s'annonce, même si l'entrée dans l'histoire n'est pas forcément des plus faciles, et si la fin laisse plus que sur la faim...
Rendez-vous demain pour le tome 7 des Annales de la Compagnie Noire : Saisons funestes
07:42 Publié dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08 mars 2009
Mon bel amour... ma déchirure
Cette fois, ce livre m'a été conseillé par une élève de terminale. Choix assez judicieux, mais sans plus. Je m'explique : Jacqueline Woodson nous raconte ici une histoire d'amour entre une blanche et un noir, tous deux dans le même lycée, aux Etats-Unis, à Manhattan plus précisément.
L'histoire est donc sympathique. Deux adolescents amoureux doivent combattre leurs préjugés, et ceux de leurs proches. Mais en fait, ce récit n'est pas centré sur le racisme mais sur leur amour, sur leur coup de foudre, leur approche, et leurs vies , notamment familiales. Pour le coup la collection choisie est donc la bonne : Le Livre de Poche a classé ce livre en collection "Coeur et copines". En fin de compte, je suis un peu déçue que l'auteure n'ait pas approfondie les problèmes rencontrés par les jeunes gens à cause de leur couleur de peau : l'histoire se termine avant qu'Ellie, la jeune fille, ait le temps de présenter son ami Jeremiah, l'adolescent noir, à sa famille, dont elle est loin d'être sûre pour ce qui est de la tolérance. En fait, je me suis un peu sentie flouée.
Mais c'est quand même un beau livre sur l'amour, sur les coups de foudre, très bien construit. Les chapitres alternent les narrateurs : un chapitre sera raconté par Ellie à la première personne, le suivant par Jeremiah à la troisième personne, ensuite de nouveau Ellie, puis Jeremiah. Si bien que l'on découvre les ressemblances entre les deux personnages, la proximité d'idées, les sentiments communs, les questionnements communs. Le style est agréable, simple. Et même si l'on sait dès le début que ça finira mal, on ne peut imaginer cette fin-là.
Pour le coup, un bon livre pour adolescente...
Rendez-vous demain pour une nouvelle série fantastique : le premier tome de "La couronne des Sept Royaumes" de David B. Coe, intitulé "le complot des magiciens".
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05 mars 2009
Le scaphandre et le papillon
Tout le monde (moi y compris, et pourtant je ne me tiens pas du tout au courant, grave défaut pour une documentaliste) a entendu parler du livre Le Scaphandre et le Papillon de Jean-Dominique Bauby et du film qui en a été tiré. Encore une fois, c'est la même prof de lettres qui a attiré mon attention sur ce livre (c'est la dernière fois que je la remercie cette semaine, mais à chaque fois le conseil a été bon).
Jean-Dominique Bauby nous raconte ici sa vie après l'accident cérébral qui l'a laissé paralysé, sauf d'un oeil, dont il se sert pour s'extraire de son "scaphandre" et communiquer. Et le miracle de ce livre, c'est qu'il ne nous inspire absolument pas de la pitié. L'auteur nous rappelle ici le sens de la vie, l'amitié, l'amour qui peuvent lier des personnes au-delà d'un accident.
Chaque moment qui passe est l'occasion pour Jean-Dominique Bauby de nous relater un souvenir, un rêve, une anecdote. Et même s'il regrette sa mobilité, la vie reste plus importante que tout, avec ses petits tracas, mais aussi ses petits exploits, comme la correspondance que l'auteur maintient avec certains amis, les nombreuses visites qu'il peut recevoir...
Pour le coup, je trouve que c'est un livre d'espoir, pas un livre d'apitoiement. L'auteur ne nous raconte qu'à la fin comment s'est passé son accident cérébral. C'est le point de départ d'une vie différente. Point barre. Pas un drame.
PS : Encore une fois, la catégorie littérature adulte ne me convient pas, ce livre pouvant se lire au lycée. Mais ne sachant pas comment classer ce livre...
Rendez-vous dans trois jours pour "Mon bel amour... Ma déchirure" de Jacqueline Woodson
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