27 février 2009

Magnus

 

9782070336487.gif

Et oui, encore un livre conseillé par une prof de lettres et encore une fois un très bon livre (de Sylvie Germain).

Présentation de l'éditeur :

Après une grave maladie qui l'a amputé de toute mémoire, Franz-Georg (cinq ans) doit tout réapprendre : qu'il est allemand, que son pays est en guerre, que son père médecin dirige un grand établissement et que sa mère l'aime autant que sa patrie. Il a aussi Magnus, son ours en peluche à l'oreille légèrement brûlée. Né juste avant la guerre, Franz a grandi dans le culte du héros nazi. Exilé à la fin de la guerre, livré au sentiment d'abandon, il ne peut malgré lui se défaire du passé allemand. Il mettra une grande partie de sa vie à s'extraire de cette légende maternelle, car tout est mensonge et affabulation.

Ce livre est vraiment très complexe, c'est pourquoi j'ai abandonné l'idée de vous le résumer. L'histoire de Franz-Georg qui deviendra ensuite Adam puis Magnus est une suite de recherches et de fuites face à un passé ampli de morts, d'oublis et de mensonges.

Néanmoins, c'est un livre d'espoir. Magnus réussit toujours à se relever, au bout de nombreuses années parfois, mais la vie reprend le dessus.

En réalité, je ne sais pas quoi vous dire sur ce livre simplement que je l'ai beaucoup aimé. A vous de m'en dire plus peut-être...

hamburg-1.jpg
Hambourg après les bombardements (trouvée ici)

25 février 2009

L'archipêtre et la cité des Tours

9782702497746FS.gifCe livre de Jean d'Aillon m'a été prêté par mon chéri (merci Stéphane !) et il l'a déjà commenté ici. Au risque de répéter ce qu'il a pu inscrire, je vais le commenter également.

L'archiprêtre et la cité des Tours est un roman historique, policier et guerrier. Le cadre se situe dans la ville médiévale d'Aix en 1358, entité complexe d'un point de vue politique à l'époque : s'y croisent les intérêts des marchands, des guerriers, de la comtesse Jeanne de Provence, des chanoines (avec derrière le pape), des notables locaux. Ajoutez le fait que nous sommes en pleine guerre de Cent ans, le roi souverain étant prisonnier des Anglais, l'empereur d'Allemagne cherchant à remettre la main sur l'Italie toute proche, et des compagnies d'Ecorcheurs trainant leurs guêtres dans le coin... Vous l'avez compris, le cadre est chargé en querelles politiques et économiques.

Le héros du livre est en outre un Florentin, chargé d'apporter l'argent emprunté par les Aixois à des banquiers de Florence. Il se retrouve pris dans la ville à un moment fatidique : plusieurs notables et responsables ont été assassinés et des soudards menés par Arnaud Cervole (un célèbre Ecorcheur) s'approchent de la ville en grand nombre.

Le principal reproche que je ferais à ce roman est qu'il est complexe au niveau politique à saisir : différents pouvoirs s'enchevêtrent à des niveaux différents : au niveau des rois, papes, comtes, empereurs ; un second niveau se situe sur la régionale, des querelles se déroulant pour la possession de droits, de fiefs et autres entre les grandes familles de la région ; enfin, les querelles se déroulent également au niveau de la cité, celle-ci étant divisée géographiquement entre différents pouvoirs qui cherchent (ou pas) à s'allier.

Les personnages sont du coup très nombreux avec des rôles politiques très variés mais Jean d'Aillon réussit cependant à se centrer sur trois personnages principaux :

  • Pietro da Sangallo, le Florentin chargé de convoyer l'or. Ce personnage est très singulier, à la fois attachant et repoussant : il a été condottiere, et en a gardé les réflexes, n'hésitant pas à tuer. Il est néanmoins très humain à certains moments.
  • Sance Bérangère est la veuve d'une des victimes des assassins d'Aix. Elle est loin d'être une femme soumise, comme elles sont souvent représentés dans les romans historiques. Pleine d'initiative, elle n'hésite pas à se servir de son influence sur ceux qu'elle rencontre.
  • Arnaud de Cervole est un personnage important du roman, même s'il n'y apparaît pas avant une bonne moitié du livre. Surnommé l'Archiprêtre, ce personnage historique est un chef d'une compagnie d'Ecorcheurs. Il fait planer sa menace sur la ville d'Aix pendant tout le roman, jusqu'à l'assaut, et mine de rien, l'intrigue tourne en partie autour de sa présence. C'est un homme très intelligent, rusé mais féroce.

Pour moi qui possède peu de connaissances au niveau militaire, je dois avouer que ce livre a été compliqué par les nombreux termes relatifs aux armes, protections, remparts..., termes très nombreux et précis (certains sont expliqués par des petites notes de l'auteur). La recherche de l'auteur se tourne également sur les termes autour de l'ameublement (on nous parle de "faux d'esteuil" ou ce qui deviendra fauteuil) ou de la draperie. En résumé, Jean d'Aillon a réalisé un énorme travail autour du vocabulaire médiéval ( y compris certaines insultes)

Pour ce qui est de l'intrigue, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Les évènements s'enchaînent facilement et même si quelques indices traînent, il est difficile de découvrir qui sont les meurtriers. De toute façon, l'enquête est secondaire face aux évènements historiques narrés.

En résumé, un roman sympathique. Néanmoins, il faut s'accrocher au début pour comprendre tous les évènements politiques.

black_deathbrueghel.jpg

Peinture de Brueghel sur la peste noire (peu de temps avant notre roman) trouvée ici

23 février 2009

Les annales de la Compagnie noire t.6 : La pointe d'argent

Et oui, je lis encore ; simplement, le temps que je me permettais de consacrer à ce blog a fortement diminué. Mais, promis, je vais faire des efforts.

9782290356890.gifDonc, je profite d'un peu de temps pour vous parler d'une série qui me plait énormément, dont le tome 6 m'a été prêté par mon petit frère (merci !) : les Annales de la Compagnie noire. Pour ceux qui n'auraient lu aucun billet sur cette série de Glen Cook, je vous résume l'affaire : la Compagnie noire est une compagnie de mercenaires qui combat pour le plus offrant dans un monde fantastique un peu particulier. N'y vivent en effet pas d'elfes, de nains ou autres trolls, mais des hommes, des sorciers, des créatures fantastiques... La caractéristique de ce monde : les plus puissants sont des sorciers, la plupart du temps peu fréquentables et en quête permanente de plus de pouvoir.

Ce tome 6 est un peu particulier puisque nous ne suivons pas réellement la Compagnie noire à proprement parler, celle-ci étant partie dans le Sud avec Toubib (le chef) et Madame (l'ancienne Dame qui commandait l'Empire). Le narrateur est en fait Casier, un déserteur de l'armée impériale qui suit Corbeau, un ancien de la Compagnie noire (enfin si vous voulez vraiment comprendre, lisez les premiers tomes, ça vaut le détour). L'esprit du grand méchant, le Dominateur, a été enfermé dans une pointe d'argent et des petits lascars se mettent en tête de l'arracher à l'arbre-dieu sensé la protéger afin de la vendre au prix fort à des sorciers. En même temps, un ancien Asservi, le Boiteux, revient encore une  fois d'entre les morts pour se venger. Tout ça sème une belle pagaille dans ce petit monde.

L'histoire est en fait racontée à travers trois groupes de personnages. On suit tour à tour Casier, puis les petits lascars, et enfin le Boiteux, ces personnages se rencontrant, se battant, se séparant. Glen Cook montre encore une fois dans ce volume sa capacité à construire de manière très carrée une histoire cohérente, complexe et vraiment intéressante.

Je redis encore une fois que le monde créé par cet auteur est des plus originaux en matière de Fantasy : les sorciers qui apparaissent dans les récits possèdent des pouvoirs divers mais cependant limités, les créatures de la plaine de la Peur n'apparaissent pas chez d'autres auteurs... Et le point de vue choisi (celui de mercenaires) donne vraiment une tonalité particulière au récit : noire, dépourvue d'héroïsme, réaliste, sans être totalement cyniques...

Vraiment une bonne série. Dommage que tout ne soit pas encore paru en poche...

 

04 février 2009

Teacher Man : Un jeune prof à New York

Me revoici après une petite pause avec un très bon livre que m'a prêté Guillemette (merci !). Franck McCourt nous raconte sa vie de profs dans différents lycées de New York. Il est prof d'anglais, et se retrouve en début de carrière dans un lycée technique avec des élèves qui n'ont cure de son enseignement. Comment les intéresser à la grammaire anglaise ou à la littérature ?

9782266173605.gifLes problèmes de l'enseignement américain ici décrits pourraient être rapprochés de ceux de l'enseignement français, avec un problème fondamental : est-il encore possible aujourd'hui de donner le goût d'apprendre à des élèves ? Notre professeur y arrive parfois, mais il rencontre de nombreux obstacles : l'inadaptation des programmes aux intérêts des élèves, leur manque de motivation, les attentes des parents et de l'institution... Et son manque de confiance en lui.

Son histoire est composée de petites historiettes racontant les vies de ses élèves, ses expériences avec certaines de ses classes, et sa propre vie. Si bien que l'on sent vivre les élèves devant soi. En fin de compte, cependant, Franck McCourt est le plus souvent dans l'expérience : est-ce que j'utilise la bonne méthode, quels sont mes objectifs, où cela va-t-il me mener. Si bien que ce récit de vie prend plus l'aspect d'un récit de questionnement, questionnement néanmoins important vu la profession de cet auteur.

Pour résumer, je reste un peu sur ma faim, dans le sens où l'auteur ne se sort pas de ses questionnements sur sa vie, son enseignement, ses élèves... Mais à travers ce livre, on se rend bien compte que l'on a affaire à un professeur motivé, qui veut intéresser ses élèves, quelles que soient les méthodes employées. Un bon livre sur la motivation de l'enseignant. En outre, ce livre est l'occasion de brosser un portrait intéressant de la société américaine.

Franck McCourt est notamment connu pour son livre Les Cendres d'Angela (1996), ouvrage pour lequel il a reçu le prix Pullitzer.

Teacher Man : Un jeune prof à New York, Franck McCourt, Pocket, 365 pages, 6,80 euros

Source : Fnac

Toutes les notes