05 novembre 2009
La pianiste
Bon, je vais parler rapidement de ce livre d'Elfriede Jelinek parce que je ne l'ai pas aimé, et me suis poussée (réellement) à le finir.
L'histoire : Erika Kohut est une vieille fille (de 36 ans). Elle vit avec sa mère, adore les feuilletons télévisés, mais aussi se rendre dans les sex shops, cinémas pornos et autres... Jusqu'au jour où un de ses élèves au piano décide qu'il l'aime et ne veut que son bien en lui imposant cet amour... Mais qui est le maître de l'autre ? Jusqu'où aller dans la mise en scène de la hiérarchie ?
Pourquoi je n'ai pas aimé ? Rien n'est sentimental, tout est matériel : sexe, télévision, technique dans la musique.... Rien ne m'a accroché.
Pas aimé non plus cette outrance de la musique classique offerte par l'auteure.
Apparemment le film de 2001 est tout aussi étrange et dérangeant que le livre. A vous de voir !
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01 novembre 2009
Poussière rouge
Enfin, je viens de finir ce livre écrit par Gillian Slovo. Je le classe en littérature ado parce qu'il est paru dans la collection Scripto de chez Gallimard, mais vu le sujet et la longueur du livre, il s'adresse également aux adultes. Je vous mets la présentation éditeur :
"En 1995, l'Afrique du Sud tente de se remettre de l'apartheid. Il faut régler les comptes du passé pour construire l'avenir. Tel est le rôle de la Commission Vérité et Réconciliation. Les audiences se succèdent et confrontent les victimes aux bourreaux.
Dans la chaleur poussiéreuse de Smitsrivier, Sarah, jeune et brillant procureur, cherche à y voir clair.
Mais le droit suffit-il à la quête de la vérité ? Et LA vérité existe-t-elle ? Au-delà des causes politiques, il y a les individus avec leurs failles et leurs contradictions, leurs petites lâchetés et leurs grands sentiments..."
Un bon livre qui, à travers les audiences de la Commission Vérité et Réconciliation, permet de redonner (en partie) l'ambiance de l'apartheid. Une dénonciation également de la torture. Et de bons dialogues autour de la manipulation des témoignages, des questions afin de tirer des vérités.
Peut-être un peu trop long à lire mais intéressant...
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28 octobre 2009
Sur la tête de la chèvre
Aranka Siegal nous raconte dans ce livre son histoire. Elle est une jeune hongroise, juive vivant ses 12-13 ans dans les années 1940. Vous imaginez de quoi va parler ce livre.
Piri (c'est ainsi qu'on nomme l'auteure dans le livre) a une grand-mère, Babi, profondément croyante et attachée à sa terre. Elle vit dans un petit village. La famille de Piri habite, elle, en ville. Son père est soldat et combat jusqu'à ce qu'il soit emprisonné en Russie. Sa mère, Rise, est une femme exceptionnelle. Elle réagit en conservant sa dignité tout en aidant les autres. Piri a également 5 autres soeurs, dont 4 plus agées, et un petit frère.
L'histoire commence au début des années 1940. Même si Babi, la grand-mère, sait bien que les Juifs sont toujours des boucs émissaires désignés, le gouvernement hongrois réussit à maintenir un semblant d'égalité entre les Juifs et les autres. Piri voit peu à peu la situation se dégrader : elle ne peut plus aller à l'école, elle ne sort qu'avec prudence, sa mère se déguise, une de ses soeurs est emmenée. Jusqu'au jour où les allemands arrivent et enferment les Juifs dans un ghetto avant de les emmener à Auschwitz (la fin de l'histoire est le départ du train vers Auschwitz).
L'auteure nous raconte son histoire de manière assez simple, sans grands effets d'émotion, en reprenant les évènements telle qu'elle a pu les vivre, avec ses questions : qu'est-ce qu'être juif ? Pourquoi nous et pas les autres ?
Un livre qui décrit aussi les conditions de vie des hongrois durant la guerre, notamment la dégradation de l'approvisionnement.
Un livre simple pour adolescent, qui n'est pas là pour choquer, mais pour montrer les évènements de la Shoah.
Un simple regret : je n'ai appris à la fin qu'il s'agissait d'une autobiographie. Et pour certaines personnes, nous ne savons pas si elles ont survécu, comment elles sont mortes, jusqu'où elles ont pu pousser leur survie...
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27 octobre 2009
Ce que j'étais
Dans la même collection que les Stephenie Meyer, Meg Rosoff nous entraîne dans un univers bien plus réel. La quatrième de couverture :
"J'ai un siècle. Mais mon esprit me ramène sans cesse à l'année de mes seize ans, lorsque j'ai découvert l'amour. J'avais déjà été renvoyé de deux pensionnats avant d'atterrir à Saint-Oswald, le pire endroit que j'avais pu voir jusque-là. Or, sans cette médiocre institution, je n'aurais jamais découvert cette hutte de pêcheurs coupée du monde. Sans elle, je n'aurais pas rencontré Finn. Sans Finn, vous ne seriez pas sur le point de lire mon récit."
Finn est un garçon vivant seul sur la plage, dans un cabanon ayant appartenu à sa grand-mère. Il se débrouille seul toute l'année, vivant des pêches et de petits travaux sur le marché. Le narrateur, alors adolescent, le rencontre par hasard, et tombe en admiration devant lui. Mais pour le voir, il est obligé de transgresser les règles de Saint-Oswald, et de préférence sans se faire prendre...
Que tirer de ce livre ? Je ne sais pas réellement. Il a au moins une portée dématérialiste : Finn vit avec le strict nécessaire, ce qu'apprécie le narrateur, bien qu'habitué lui-même au confort.
Il y a aussi quelque part (bien que cela soit faussé par la fin) une réflexion sur les préférences sexuelles, le narrateur tombant amoureux de Finn. Mais il n'est pas question de sexe, si ce n'est dans les rumeurs de l'île ou dans les enquêtes menées durant l'un des derniers chapitres par des adultes.
Peut-être aussi un questionnement autour de la différence, Finn et le narrateur étant totalement différents au niveau de leur comportement.
En résumé, pas un livre extraordinaire...
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En pleine nuit
Voici donc un livre de Robert Cormier, auteur notamment pour la littérature ado, qu'on m'a toujours décrit comme un écrivain dérangeant. C'est donc le premier livre de lui que je lis (il y en aura probablement un autre pendant les vacances de cet auteur)
Denny sait que la période d'Halloween est toujours une période de stress pour sa famille. Pourquoi ? Le téléphone sonne en plein milieu de la nuit, des lettres anonymes arrivent à la maison, les journalistes se pressent devant la porte.... Il y a 25 ans, son père a été mêlé à un accident qui a provoqué la mort d'enfants... Il n'a pas été considéré comme responsable par la justice, mais par les parents des enfants.... Denny récupère-t-il la responsabilité de ces morts ?
Et oui, il s'agit bien cette fois d'un livre dérangeant. Les questions de responsabilité sont de toute façon toujours dérangeantes. Surtout quand elles impliquent des enfants, et des médias.
Et Denny, un adolescent, est pris dans ce tourbillon. Il se découvre peu à peu. Il découvre également le sentiment de culpabilité de son père. Il découvre le désir, mais aussi la lâcheté.
En même temps que la vie de Denny, le lecteur suit les évènements qui ont immédiatement précédé et suivi l'accident à travers les yeux du père de Denny, mais aussi à travers les yeux du frère d'une des victimes.
Un livre qui reste dérangeant par certains aspects (la question de la mort par exemple), mais qui, il me semble, permet au héros-adolescent de s'élever. Et de mieux se connaître. Peut-être pareil pour le lecteur adolescent...
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